AKAA 2026 : les artistes femmes à l'affiche au Carreau du Temple

La 11e édition d'AKAA, rendez-vous annuel d'art contemporain consacré aux artistes du continent africain et de sa diaspora, s'achève ce dimanche 25 octobre au Carreau du Temple, à Paris. Cette année, les femmes y sont aussi nombreuses que les hommes, et le salon rend hommage à la photographie, dont on célèbre le bicentenaire.

L'affiche 2026 est signée de la photographe camerounaise Angèle Etoundi Essamba, qui vit à Amsterdam. Son cliché, tiré de la série Girl with an Amber Earring, s'inspire de La Jeune Fille à la perle de Johannes Vermeer : la jeune fille y est noire, coiffée d'un turban de velours bleu et jaune, et porte une boucle d'oreille d'ambre. L'artiste lui offre ainsi, « une nouvelle présence ».

Peinture, broderie et tissus

Parmi les artistes montrées, Jomad, née à Fort-de-France en Martinique, présente des compositions figuratives qu'elle rattache au « jardin des souvenirs ». Elle y fait converger la figure humaine et l'exubérance de la nature.

Rachel Malaika, née en République démocratique du Congo, se définit comme « photographe activiste ». Elle retravaille des clichés de l'époque coloniale avec des broderies et des motifs tuftés, une technique employée pour les tapis. Ses autoportraits la montrent couronnée et parée, tenant des objets symboliques, dans des positions d'autorité historiquement associées aux hommes. Pour sa galerie, « le Sacré réside également dans la présence féminine, la résilience et la force intérieure ».

La Sud-Africaine Turiya Magadlela travaille avec des pièces de tissu et des collants découpés. Elle explore les thèmes de l'enfermement et de la contrainte, ainsi que l'idée que les corps doivent s'adapter à des moules prédéfinis.

Le Prix ellipse et la photographie

Le Prix ellipse explore chaque année depuis 2021 une nouvelle scène artistique du continent africain. Pour ses cinq ans, il s'est accordé au bicentenaire de la photographie : cinq photographes finalistes et dix de leurs œuvres sont présentés dans la section AKAA Photo. Une seule est une femme, l'Ivoirienne Keren Lasme, finaliste en 2022 avec une série sur de jeunes femmes albinos ivoiriennes, dont deux portraits sont exposés. Artiste et chercheuse, elle dit vouloir « se réapproprier l'héritage intellectuel de l'Afrique ».

Le salon est ouvert jusqu'à ce dimanche de 12 h à 20 h, au 4 rue Eugène Spuller, dans le 3e arrondissement.

Source : franceinfo