Anna Ridler remporte le Prix Arts numériques 2026

Le Prix Arts numériques a été remis le mercredi 21 octobre au Palais de l'Institut de France, à Paris. Il est décerné par la Fondation Etrillard et l'Académie des beaux-arts. C'est la deuxième édition de ce prix. La lauréate est l'artiste britannique Anna Ridler, née en 1985. Elle reçoit une dotation et une exposition en France prévue en 2027.

Un jury face à 210 candidatures

Le jury réunissait des académiciens, des physiciens et des spécialistes venus du Centre Pompidou, du ZKM et de la HEK. Il a examiné 210 candidatures venues de toute l'Europe. Deux autres finalistes restaient en lice : Alexandra Daisy Ginsberg et le duo formé par Holly Herndon et Mathew Dryhurst. Selon Anna Ridler, tous les finalistes travaillent sur l'intelligence artificielle et interrogent cette technologie. Elle voit dans le prix une reconnaissance pour un art numérique encore débattu et pour des usages de l'IA pensés avec soin.

Circadian Nocturne, une floraison de nuit

L'œuvre primée s'intitule Circadian Nocturne. Elle montre une floraison qui n'apparaît que la nuit, avec des corolles blanches. Une IA lui donne forme à partir des archives de l'artiste. Le projet a commencé en 2023 avec une commande de Times Square pour son programme « Midnight Moment ». Depuis, Anna Ridler a constitué son propre herbier. Elle a travaillé avec des scientifiques et a cultivé elle-même certaines espèces. Elle a ensuite confié tout ce corpus à une IA.

L'artiste n'utilise pas les données du web. Elle construit ses propres jeux de données, image par image, avant d'entraîner ses réseaux de neurones. Formée en littérature à Oxford, puis au design d'information au Royal College of Art, elle étudie des systèmes techniques, financiers et écologiques. Ses œuvres figurent notamment dans les collections du Whitney Museum, du Centre Pompidou, du Victoria and Albert Museum et du ZKM.

La Fondation Etrillard cite la précision de l'observation botanique et l'inspiration tirée des nocturnes de Chopin. Pour Miguel Perez de Guzman, délégué général de la fondation, l'œuvre révèle des rythmes du vivant qui échappent d'ordinaire à l'attention.