Le studio indépendant Atelico a ouvert, sur demande, l'accès anticipé à l'Atelico AI Engine. Cette boîte à outils permet d'ajouter aux jeux des modèles de langage, de la génération d'images, des systèmes vocaux et des comportements de personnages pilotés par l'IA. Elle fonctionne avec Unreal Engine, Unity et Godot, et s'exécute sur le matériel des joueurs plutôt que sur des serveurs distants.
Selon Atelico, les développeurs peuvent doter les personnages non-joueurs de personnalités, de motivations, de relations et de souvenirs qui influencent leurs actes ultérieurs. Un personnage pourrait ainsi réagir à un geste du joueur plusieurs heures plus tard, au lieu de suivre un arbre de dialogue figé.
Un marchand qui se souvient
Une vidéo diffusée le 29 octobre montre le principe. Le joueur propose une somme pour une épée. Le marchand « se souvient » que la veille, le même joueur en offrait davantage, et relève son prix. La présentation ne nomme encore aucun jeu qui utilise ce système.
Le moteur génère aussi des images. Le premier jeu d'Atelico, « Bobium Brawlers », permet de décrire une créature en langage courant et d'obtenir son portrait et un deck jouable sur téléphone.
Le studio affirme que le moteur prend en charge des modèles de langage open source et utilise sa propre technologie de génération d'images. Il ne précise pas comment ces modèles ont été entraînés. On ignore aussi quel contrôle les développeurs ont sur les sorties, et ce qui se passe si un personnage dit quelque chose qui nuit à l'histoire.
Atelico dit que le moteur comporte des garde-fous pour garder les sorties alignées sur la direction créative d'un jeu, dont un dispositif de sécurité qui réécrit les sorties problématiques au lieu de les bloquer. L'exécution sur l'appareil, selon le studio, évite des coûts de serveur récurrents et de la latence, et garde les données du joueur sur son matériel.
Atelico dispose aussi de l'ARC, l'Artist Rights Contract, un cadre d'accord pour les créateurs qui prévoit une rémunération en amont et un consentement sur la manière dont son IA est mise en œuvre.
Dans l'enquête 2026 de la Game Developers Conference, 52 % des professionnels du secteur jugeaient l'IA générative mauvaise pour l'industrie, contre 30 % un an plus tôt. Les artistes reprochent notamment à des modèles d'avoir été entraînés sur leurs œuvres sans autorisation.
Source : Creative Bloq