L'UNESCO et le Conseil international des musées (ICOM) ont publié leur première enquête mondiale sur l'usage de l'intelligence artificielle dans les musées. Les résultats ont été présentés le 17 septembre 2026 à Riyad, lors du Forum mondial sur l'éthique de l'IA. Les données ont été recueillies du 21 mai au 21 juillet 2026. L'enquête a reçu 466 réponses de 90 pays, dont 12 musées français. 403 réponses ont été retenues pour l'analyse.
Un usage répandu, peu encadré
Selon l'enquête, 57 % des musées répondants utilisent déjà l'IA. Mais 55 % n'ont aucune politique, stratégie ou directive interne sur le sujet. L'usage reste surtout exploratoire et porté par des membres du personnel, plutôt que par l'institution. Les principales inquiétudes portent sur l'exactitude des résultats, le droit d'auteur et la protection des données. Les musées demandent des formations et des conseils sur l'usage technique et éthique de l'IA, sur la gouvernance des données et sur la propriété intellectuelle.
Parmi les musées qui utilisent l'IA, 78 % s'en servent pour comprendre et analyser des textes. 53 % l'emploient pour créer des contenus et développer des expositions, et 41 % pour analyser des images ou des vidéos. L'inventaire ne concerne que 9 % des répondants. La lutte contre le trafic illicite de biens culturels n'en concerne qu'environ 1 %. L'UNESCO juge cette faible part préoccupante.
Des exemples dans plusieurs pays
L'enquête cite la Wellcome Collection, au Royaume-Uni, qui utilise la recherche sémantique et la reconnaissance de textes manuscrits. Le musée du comté de Fermanagh a pu créer des vidéos illustrant des contes populaires, ce que son budget ne permettait pas auparavant. Le Musée national de Lituanie teste un assistant de photographie et d'aide au catalogage, en laissant les décisions finales aux spécialistes. Au Mexique, le Laboratorio Arte Alameda exclut toute prise de décision automatisée. Les répondants insistent sur la vérification humaine. Le modèle dominant reste le renfort des équipes, et non leur remplacement. Le rapport doit servir de base à des lignes directrices pour les États membres et les professionnels.