Le ginkgo du jardin botanique de Geelong, en Australie, vient d'être élu arbre de l'année de l'État de Victoria. Haut de vingt mètres, c'est le plus grand ginkgo biloba de l'État, et peut-être du pays. Le National Trust of Australia (Victoria), qui organise le concours, a annoncé le résultat mardi.
L'arbre a devancé huit autres finalistes avec 27 % des 4 435 votes du public. La deuxième place revient à un myrte à écorce lisse de Prahran, la troisième à un hêtre myrte d'Apollo Bay. Pour concourir, un arbre doit figurer au registre des arbres remarquables du National Trust, qui en recense 2 500 dans l'État. Plus de quarante avaient été proposés cette année, puis ramenés à neuf par un jury de douze experts et arboriculteurs.
Justin Buckley, responsable des jardins et paysages au National Trust Victoria, parle d'un « gagnant très populaire ». Il ajoute : « C'est un arbre vraiment spécial, et très aimé dans le quartier. »
Des graines venues de Chine
Le ginkgo a été planté en 1859, deux décennies après la fondation officielle de la ville. Ses graines viennent de Chine. La rumeur veut qu'un capitaine de navire les ait apportées lors d'une escale au port de Geelong. Depuis, des générations de jardiniers et de bénévoles l'ont aidé à prospérer.
Son tronc et ses branches portent des excroissances en forme de stalactites. Elles n'apparaissent que sur les ginkgos femelles les plus âgés. Ses fruits ont la réputation de sentir mauvais.
Les ginkgos comptent parmi les arbres les plus anciens de la planète : ils remontent au Jurassique, il y a plus de 160 millions d'années. Au Japon, ils symbolisent l'espoir, la longévité et la paix, après que six d'entre eux ont survécu à l'explosion atomique d'Hiroshima en 1945.
Sheree Parker, qui supervise le jardin botanique, dit que c'est l'un des premiers arbres plantés dans le parc, et le plus visité. « Il commence tout juste à se réveiller après sa dormance », dit-elle. C'est aussi, selon elle, l'endroit favori des couples pour se marier : de nombreux mariages ont lieu sur cette pelouse, sous l'arbre.
Les services de la ville avaient fait campagne sur les réseaux sociaux pour inciter à voter. Dans une publication d'octobre, ils ont décrit l'arbre comme « le décor d'innombrables histoires d'amour locales ».
Un concours pour défendre les arbres
Lancé en 2016, le concours vise à célébrer les arbres les plus appréciés du Victoria et à réclamer une meilleure protection des espaces verts. Selon un cadre d'action sur la verdure urbaine publié par le conseil municipal de Stonnington, plus de 17,9 hectares de couvert arboré ont disparu en dix ans sur des terrains privés dans cette seule banlieue de Melbourne.
Le National Trust demande au gouvernement du Victoria d'accorder une protection légale automatique aux arbres de son registre et à ceux des conseils locaux. Il réclame aussi un principe d'aménagement « conserver d'abord », qui ferait de l'abattage un dernier recours. Le gouvernement a instauré cette année une protection uniforme des arbres de canopée, mais Justin Buckley la juge « assez limitée », avec « une grande marge » pour abattre des arbres remarquables sans permis.
« Si nous continuons à attirer l'attention sur les arbres, c'est qu'ils n'ont pas une protection suffisante, certainement pas la même que les bâtiments patrimoniaux », dit-il.
Source : The Guardian