L'audience du 26 octobre au Tribunal des Activités économiques de Paris, consacrée au redressement judiciaire du groupe Gibert, n'a pas tranché. Elle devait dire si la période d'observation, ouverte depuis six mois, serait prolongée. Une nouvelle date est fixée au 7 décembre, à 10 h.
Le renvoi a été demandé par les administrateurs judiciaires. Selon Sophie Rachet, déléguée syndicale CGT de Gibert Joseph Paris, ils ont estimé que les éléments portés à leur connaissance, soit les projections du cabinet mandaté par la direction pour mener une analyse, n'étaient pas fiables.
Un nouveau cabinet mandaté
Toutes les parties ont pu s'exprimer. D'après la représentante du personnel, le même constat a été partagé avec les organes de la procédure, et la responsabilité de la direction a été engagée directement pour la première fois. La direction doit mandater un nouveau cabinet, chargé d'une analyse plus précise et mieux documentée.
Gibert n'a pas pu être jointe : la direction du groupe n'a pas répondu aux sollicitations d'ActuaLitté.
Des salariés inquiets
Cet épisode n'apaise pas les salariés, qui déplorent depuis plusieurs semaines l'absence de directives claires. Sophie Rachet juge anormal que le délai de six mois n'ait pas servi à produire un plan de redressement concret. Elle affirme que les salariés ont tout de suite payé les conséquences des difficultés de l'entreprise, avec des suppressions de postes ou des réductions d'horaires, alors que l'inflation est très forte, et que les dirigeants n'assument pas leurs responsabilités.
La situation logistique pèse aussi. Depuis l'externalisation à ID Logistics, elle est devenue particulièrement complexe, et l'approvisionnement en nouveautés resterait perturbé. La déléguée syndicale rapporte qu'une semaine avant l'audience, la direction a demandé de suspendre les commandes et d'effectuer des retours pour renforcer la trésorerie. Elle juge impensable de ne rien commander à quelques semaines de Noël, alors que des rayons présentent encore de nombreux manques.
Dans le cadre d'un plan de transformation, le groupe avait annoncé en juillet la fermeture de quatre librairies et d'un corner : Barbès (15-17 boulevard Barbès), le corner du Printemps Nation (21-25 cour de Vincennes), la Librairie de la Place (27 quai Saint-Michel) et les magasins de Poitiers et d'Évreux. Gibert Barbès doit fermer fin octobre. Les quatre autres adresses n'ont pas trouvé de repreneurs et ont été liquidées.
Source : ActuaLitté