L'artiste américaine Gretchen Andrew, née en 1988 à Los Angeles, associe la peinture classique à l'IA, à la manipulation des moteurs de recherche et à la robotique. Elle s'est formée à la peinture à l'huile lors d'un apprentissage de cinq ans auprès de l'artiste britannique Billy Childish. Son travail a été montré à la Tate Modern, au Victoria and Albert Museum, à la National Gallery de Londres et à The Photographers' Gallery.
Facetune Portraits : peindre l'écart
Sa série Facetune Portraits porte sur les normes de beauté des applications de retouche. Le Whitney Museum of American Art l'a acquise à l'unanimité en 2025. Le procédé suit plusieurs étapes. Une application de beauté améliore d'abord une photographie selon les corrections suggérées par son algorithme. L'artiste prépare une sous-couche blanche en empâtement. Une machine de Matr Labs imprime ensuite la photo d'origine, non retouchée, sur la toile en peinture à l'huile.
Gretchen Andrew transforme enfin les retouches de l'application en commandes pour un robot dessinateur sur deux axes. Le robot trace des lignes blanches dans la peinture fraîche. Ces lignes montrent la différence entre l'image d'origine et l'image retouchée. L'artiste choisit le pinceau, la vitesse et la pression de chaque ligne.
Des concours de beauté aux influenceuses
L'ensemble Facetune Portraits: Universal Beauty, réalisé en 2025, part des photos de candidates à Miss Univers de plusieurs pays, dont Porto Rico et la Guinée équatoriale. Des œuvres plus anciennes ont été présentées à la Galerie Vossen, à Paris. Elles comprennent un autoportrait, un portrait de famille et des œuvres tirées d'images d'influenceuses berlinoises. L'artiste qualifie ses toiles de « portraits de tension » et de « batailles sur toile ». Elle parle aussi d'une « vallée de l'étrange » inversée, quand des corps réels finissent par ressembler à des figures générées par IA. Ses œuvres figurent notamment dans les collections du Monterey Museum of Art et du Francisco Carolinum de Linz.