À Paris, l'hôtel Westminster mêle haussmannien et esprit britannique

L'hôtel Westminster, au 13 rue de la Paix, entre la place Vendôme et le Palais Garnier, a fait l'objet d'une restauration approfondie. L'architecte d'intérieur Laurent Maugoust a mené le chantier. La designer britannique Helen Stephens a réinventé le restaurant, Le Céladon. Les travaux sont terminés depuis un an. L'établissement a reçu sa cinquième étoile en 2025.

Deux siècles d'histoire

Tout commence en 1802. Napoléon Bonaparte ordonne la vente des terrains d'un ancien couvent de capucins et charge les architectes Percier et Fontaine d'aménager un nouveau quartier. La rue, d'abord appelée rue Napoléon, devient rue de la Paix en 1814. L'hôtel Wagram, ancêtre du Westminster, s'y installe en 1807.

Des voyageurs britanniques s'établissent de plus en plus dans le quartier, qui prend la réputation d'un petit morceau de Londres à Paris. Le nom de l'hôtel en garde la trace. Entre 1905 et 1907, l'architecte Jacques Marcel Aubertin lui donne la silhouette haussmannienne qu'il conserve aujourd'hui.

Pour Laurent Maugoust, il s'agissait de travailler avec des éléments de plusieurs époques, sans recréer un moment unique. Les 102 chambres, dont 20 suites, gardent leurs cheminées de marbre, leurs moulures et leur parquet de chêne à chevrons. Mobilier et textiles contemporains y déclinent le beige, le vert et le violet. « J'ai voulu réinterpréter son style en faisant dialoguer les époques », explique-t-il.

Des horloges anciennes, certaines du XIXe siècle, sont réparties dans les chambres et les suites, avec des tableaux et des photographies historiques. Certaines suites donnent sur la rue de la Paix, d'autres sur une cour intérieure fleurie.

Duke's Bar et Le Céladon

Le lien le plus visible avec la Grande-Bretagne est le Duke's Bar. Boiseries sombres, fauteuils profonds, lumière tamisée et cheminée d'origine rappellent un club anglais. Dans les années 1920, le bar réunit des aristocrates et des responsables politiques britanniques, puis des écrivains et des figures de la vie culturelle parisienne. Selon l'historique de l'hôtel, Winston Churchill en était un habitué. Coco Chanel, Agatha Christie, Arthur Conan Doyle et Françoise Sagan l'ont aussi fréquenté. Des portraits en noir et blanc de Churchill, de Chanel, de Rudyard Kipling et du duc de Westminster ornent les murs.

Helen Stephens a dessiné Le Céladon pour dialoguer avec le Duke's Bar. Ses verts évoquent le bronze de la colonne Vendôme et le feuillage du jardin des Tuileries tout proche.

L'hôtel organise aussi des soirées musicales et littéraires avec Galignani, la librairie anglophone historique de Paris.

Source : designboom