Le marché de l'art britannique croît moins vite que ses rivaux

La British Art Market Federation publie « The British Art Market 1996–2025 », un rapport qui compare le marché britannique à ses principaux concurrents, les États-Unis et la Chine. Il est rédigé par Arts Economics, le cabinet de Clare McAndrew qui signe aussi les rapports Art Basel/UBS.

Le Royaume-Uni reste le deuxième marché mondial en valeur. Il est passé de 2,6 milliards de livres (4 milliards de dollars) en 1996 à 8 milliards (10,5 milliards de dollars) en 2025. Ces 8 milliards en font de loin le premier marché d'Europe, environ la moitié du total européen. Le pays pèse 18 % des ventes mondiales en volume, devant la France (8 %) et la Chine (14 %), mais loin derrière les États-Unis (44 %).

Une croissance en retrait depuis 2009

Depuis 2009, le marché américain a progressé d'environ 114 % et les ventes mondiales de 51 %. Les ventes britanniques n'ont augmenté que de 14 %. Le président de la fédération, Anthony Browne, écrit dans le rapport que de nombreuses petites entreprises du secteur invoquent le poids d'une réglementation excessive et croissante. Le Brexit n'est mentionné qu'une fois, à propos de la hausse des importations au sein de l'UE depuis 2021, liée à des changements de procédure déclarative.

Le sommet date de 2008, avec 11,2 milliards de livres (20,8 milliards de dollars). La crise financière a ensuite fait chuter le marché de 57 % en dollars, à 5,7 milliards de livres (8,9 milliards de dollars).

En 2025, les importations ont reculé de 45 % par rapport à 2015, mais elles ont progressé de 35 % depuis 2000. Les exportations ont augmenté de 46 % depuis 2000 et reculé de 15 % sur un an. Le rapport y voit possiblement des « effets indirects et des incertitudes » liés aux annonces changeantes de Donald Trump sur les droits de douane : la baisse des exportations vers les États-Unis explique l'essentiel du recul. Sur plus longue période, la part des États-Unis dans les exportations a été divisée par deux depuis 2000, et celle des importations a baissé presque autant.

Galeries et maisons de vente

Le pays comptait l'an dernier environ 7 610 marchands et galeries, dont un tiers à Londres, pour environ 4,6 milliards de livres de ventes. Leur nombre a augmenté d'un tiers depuis 2003. Ce sont en majorité de petites ou micro-entreprises : 89 % ont réalisé un million de livres de ventes ou moins en 2025.

Les foires représentent 37 % des ventes des marchands en 2025. Le Royaume-Uni en a accueilli 52 en 2019 et un peu plus de 40 l'an dernier. Les galeries y ont dépensé ensemble 315 millions de livres.

Les ventes des galeries reposent sur peu d'artistes : le meilleur d'entre eux pèse en moyenne 38 % des ventes, les trois premiers 59 %, contre 48 % en 2022. Dans le monde, la part des trois premiers est passée de 51 % à 58 %.

Les maisons de vente, 1 170 sur 3 500 commissaires-priseurs et salles, ont réalisé 42 % des ventes en valeur, soit 3,3 milliards de livres, en hausse de 8 % mais 20 % sous le pic de 2023. Les lots de moins de 5 000 dollars font 78 % des lots d'art vendus, mais 45 % de la valeur vient des lots entre 1 et 10 millions de dollars. Les œuvres à un million ou plus pèsent 55 % de la valeur, pour moins de 1 % des transactions.

L'art d'après-guerre et contemporain domine, avec presque la moitié de la valeur des ventes aux enchères. Le Royaume-Uni détient 38 % du marché mondial des maîtres anciens. Le marché a généré au moins 1,5 milliard de livres de recettes fiscales en 2025.

Source : ARTnews