La Marian Goodman Gallery a embauché Ebony L. Haynes au poste, créé pour l'occasion, de directrice senior et responsable mondiale des affaires curatoriales. Elle prendra ses fonctions fin novembre.
Ebony L. Haynes est surtout connue pour avoir dirigé 52 Walker, un espace de type Kunsthalle rattaché à David Zwirner, doté d'une pleine autonomie curatoriale et d'une équipe entièrement noire. Ouvert en 2021 à Tribeca, il a présenté 17 expositions, dont des solos de Kandis Williams, Nikita Gale, Bob Thompson, Arthur Jafa, Sara Cwynar et Nicole Eisenman. La critique a souvent salué ces expositions.
Celle d'Eisenman fut la dernière sous le nom de 52 Walker. Plus tôt cette année, ARTnews avait rapporté que le lieu était redevenu un simple espace David Zwirner, après la promotion de Haynes comme responsable mondiale des projets curatoriaux fin 2025. Le premier accrochage y avait été un solo d'Isa Genzken, ouvert en mars.
Deux coprésidentes, un départ
La galerie annonce aussi que Rose Lord et Junette Teng seront désormais coprésidentes. Elles se partagent la direction stratégique et dirigent l'équipe de gestion, dont fait partie Haynes. Emily-Jane Kirwan, associée gérante et responsable des ventes, quitte la galerie pour se consacrer à la philanthropie culturelle. Rose Lord salue ses quinze ans de présence et son rôle dans le développement des ventes et des relations institutionnelles, ainsi que dans la création du siège de Tribeca.
C'est le premier changement de direction majeur depuis la mort de la fondatrice, Marian Goodman, plus tôt cette année. En 2021, elle avait pris la direction générale et annoncé un partenariat à cinq. Philip Kaiser, conservateur de musée arrivé en 2019, a été président jusqu'en 2025 et est parti à la suite des incendies de Los Angeles de cette année-là. Leslie Nolen reste associée et membre de l'équipe de direction.
« Ebony est une évidence pour la galerie », déclare Junette Teng. Selon elle, cette nomination montre aussi la suite souhaitée : élargir le soutien aux artistes et créer de nouveaux contextes pour leur travail.
Haynes explique son choix : « Comment dire ? C'est Marian Goodman. » La galerie l'inspire depuis longtemps, dit-elle, par ses expositions et par ses artistes. Elle ne pense pas qu'elle ait besoin d'un grand changement de cap : elle la juge « élégante » et « imprégnée d'histoire canonique ». Pour concevoir 52 Walker, jusqu'à son papier à en-tête, elle s'était inspirée de Schema (March 1966), série de poèmes conceptuels de Dan Graham, qui expose chez Marian Goodman depuis la fin des années 1980.
Source : ARTnews