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Michael Gambon, roi des farces sur scène, selon sa biographie

Il a fait péter Harry Potter, laissé Judi Dench incapable de se contrôler et raconté à un journaliste que Helen Mirren se préparait en mimant une cuisine d'œufs au jambon. La biographie autorisée de Michael Gambon, parue trois ans après la mort du comédien, accorde une large place à ses farces.

Signé Jasper Rees, le livre détaille aussi ses interprétations de Shakespeare, Beckett et Pinter, ainsi que « The Singing Detective » et les films « Harry Potter ». Il compte des chapitres sur ses mains, « les plus grandes qu'on ait vues », selon Brian Cox, et sur ses pieds, tout aussi énormes. Mais il rapporte surtout des dizaines d'épisodes de pitreries, sur scène et en dehors.

Quand le fou rire gagne les partenaires

Dans « Skylight », de David Hare (1995), au National Theatre, les placards de la cuisine servaient à Lia Williams de cachette quand Gambon la faisait craquer. Il prenait un autre accent, ou parlait en langues, au milieu d'une scène. « Quand il me faisait rire, c'était l'enfer sur terre, parce que je ne pouvais rien faire », dit-elle, avant d'évoquer un soir de rire si fort qu'un incident intime lui a donné de quoi s'occuper pendant tout un acte.

Pour une version télévisée des « Revenants » d'Ibsen sur la BBC, dans les années 1980, il jouait le pasteur Manders. Pendant un dîner censé être tendu, avec Judi Dench et Kenneth Branagh, Natasha Richardson lui a passé les pommes de terre. Il a demandé : « Je prendrai mes huit habituelles. » Les partenaires ont quitté le plateau. « Nous ne pouvions plus nous contrôler du tout », avoue Judi Dench.

Du Roi Lear aux « Harry Potter »

En 1982, Gambon jouait le Roi Lear pour la Royal Shakespeare Company, avec Antony Sher en Fou au nez rouge. L'affiche les présentait comme un duo, et Sher passait pour lui voler la vedette. Jasper Rees compare Gambon à un alpiniste de « l'Everest des acteurs » qui voit un autre grimpeur s'agripper frénétiquement à sa corde. Le metteur en scène Adrian Noble affirme que Gambon se moquait de Sher sans pitié.

Quand il a repris le rôle de Dumbledore dans « Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban », lui et Alan Rickman ont déclenché une machine à bruits de pet pendant un gros plan sur Daniel Radcliffe, couché dans un sac de couchage. « J'étais vraiment agacé au début », dit l'acteur, avant de conclure que, si Rickman et Gambon l'avaient monté, « c'est assez drôle ».

Pendant « Vu du pont », d'Arthur Miller, Gambon gardait sur sa table de loge une photo dédicacée de Robert De Niro, avec un mot d'admiration. Les deux hommes ne tourneraient ensemble que dans « Raisons d'État », en 2006, et ne s'étaient jamais rencontrés. La dédicace était apparemment de la main de Gambon lui-même.

À la fin des années 1960, il jouait dans un spectacle de Noël au Birmingham Rep. Son partenaire Anthony Higgins se souvient qu'un soir il s'était écrit un gros mot sur chaque paupière, qu'il montrait en clignant des yeux. Le directeur artistique, Peter Dews, a dû le rappeler à l'ordre.

En 2000, dans « Le Gardien », de Harold Pinter, il campait le vagabond Davies. Un soir, dos au public, il a plongé la main dans son pantalon, où il avait caché une part de gâteau au chocolat, puis a reniflé ses doigts souillés. Ses partenaires, Douglas Hodge et Rupert Graves, ont éclaté de rire. « Rupert était dans de beaux draps », se rappelle Hodge.

Gambon aimait aussi servir des histoires invraisemblables aux journalistes pour voir qui les croirait. Celle des œufs au jambon de Helen Mirren, avant leurs rôles d'Antoine et Cléopâtre à la RSC, est « absurde », a confié l'actrice à Jasper Rees, tout en reconnaissant que c'est « une belle histoire ».

Source : The Guardian