Au MIT, une exposition confronte l'IA AICAN à Vera Molnár

La Keller Gallery du Massachusetts Institute of Technology, à Cambridge, présente en 2026 l'exposition Beyond Data-Driven Aesthetics. Elle est conçue par Alexandros Haridis, architecte et chercheur en conception numérique, docteur du MIT. Elle porte sur la reconstruction numérique de systèmes esthétiques en architecture et dans les arts appliqués. Elle est organisée en cinq thèmes : la mesure esthétique, les consignes, l'esthétique algorithmique, l'appropriation et la nouveauté.

Des systèmes à règles reconstruits

Quatre des cinq systèmes présentés reposent sur des règles écrites, et non sur des données. La « mesure esthétique » du mathématicien George D. Birkhoff, publiée en 1933, prend la forme d'un relief mural de 90 polygones, classés selon leur score esthétique. Pour Vera Molnár, une application sur tablette permet aux visiteurs d'exécuter ses procédures. Six tirages encadrés sont tirés de trois de ses œuvres. Les peintures Anamorphism I–VI de George Stiny et James Gips sont reconstruites avec des panneaux d'acrylique découpés au laser. Une étude de morphing de Lillian F. Schwartz, Mona-Leo, est montrée sur un moniteur vidéo, avec deux œuvres originales prêtées par le musée The Henry Ford.

AICAN, l'IA qui juge la nouveauté

Le cinquième système est AICAN, créé en 2017. C'est un modèle d'apprentissage automatique fondé sur les réseaux antagonistes créatifs, une variante des GAN. Il a été entraîné sur la base d'images WikiArt. Il intègre une théorie du jugement qui cherche un équilibre entre nouveauté et familiarité. L'exposition reprend la méthode publiée en 2017 par Elgammal et ses coauteurs, avec un code spécifique exécuté sur Google Colab. Deux écrans animés montrent l'entraînement du modèle au fil des cycles. Ils montrent aussi comment son discriminateur distingue les images familières des images nouvelles.

Selon Alexandros Haridis, l'exposition déplace l'attention : l'IA n'y est plus vue comme une boîte noire qui produit des images, mais comme un processus de calcul qui juge. Le projet a reçu le soutien de l'école d'ingénierie de Harvard, du bureau du provost de Harvard, du département d'architecture du MIT et du musée The Henry Ford. Des chercheurs de Harvard, du MIT et de Carnegie Mellon y ont contribué.