Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a jugé dimanche « d'importance historique » l'accord trouvé entre le monastère orthodoxe Sainte-Catherine, dans le Sinaï, et l'Égypte. Il s'est exprimé dans une publication sur Facebook.
Selon lui, un texte garantit pour la première fois le caractère religieux et le mode de vie monastique du lieu. Il prévoit aussi l'usage et la possession exclusifs des lieux de culte par la communauté des moines.
L'accord doit être signé très prochainement par l'archevêque orthodoxe du Sinaï, Syméon, et par le gouvernement égyptien. Kyriakos Mitsotakis affirme qu'il règle une question institutionnelle restée en suspens depuis 1 500 ans.
Un litige foncier jugé en mai 2025
En mai 2025, un tribunal du Sinaï avait tranché un litige foncier opposant le monastère au gouvernorat du Sud-Sinaï. Le monastère « a le droit d'utiliser » le terrain sur lequel il est bâti, avait-il jugé, mais ce terrain « appartient à l'État en tant que propriété publique ».
La décision avait vivement inquiété la Grèce, pays chrétien orthodoxe. L'archevêque d'Athènes, Mgr Ieronymos, chef de l'Église grecque orthodoxe, l'avait qualifiée de « scandaleuse ». Il évoquait une « grande épreuve » pour le plus ancien monument chrétien orthodoxe au monde, qui « renvoie à d'autres époques sombres ».
Le monastère se trouve au pied du mont Sinaï, à près de 500 km à l'est du Caire. Sa construction fut ordonnée par l'empereur Justinien en 527, sur le site où, selon la Bible, eut lieu l'épisode du buisson ardent. C'est le plus ancien monastère chrétien continuellement habité au monde, et un haut lieu de tourisme et de pèlerinage.
La ville voisine de Sainte-Catherine et la zone naturelle protégée qui entoure le site sont par ailleurs au centre d'un méga-projet controversé du gouvernement égyptien, destiné à attirer le tourisme de masse. Certains observateurs estiment qu'il pourrait porter atteinte à l'écosystème de la réserve, menacer le monastère et fragiliser la communauté locale.
Dimanche, le parti d'opposition de gauche Syriza a demandé au gouvernement grec de publier « le texte intégral de l'accord », en doutant de la solution trouvée. Dans un communiqué, il demande comment l'accord garantit les droits de l'Église orthodoxe autonome du mont Sinaï.
Source : franceinfo