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Mexique : un observatoire solaire de 2 500 ans à Teteles

À Teteles de Ávila Castillo, dans la Sierra Norte de Puebla, un ensemble architectural a servi d'observatoire astronomique solaire il y a plus de 2 500 ans. L'Institut national d'anthropologie et d'histoire du Mexique (INAH) a confirmé cette identification au terme d'un projet archéologique qui dure depuis onze ans. Ce serait le premier observatoire de ce type recensé hors de l'aire maya.

Le site, de neuf hectares, a été découvert en 1939. Il est longtemps resté entre des mains privées et a été pillé et endommagé. En 2007, son propriétaire a cédé 3,5 hectares à l'INAH, et les recherches ont commencé en 2015 avec l'appui de l'association civile Tzoncóyotl. Le reste du terrain demeure privé, ce qui limite les fouilles.

Deux socles face à face

Le directeur du projet, Alberto Diez Barroso Repizo, décrit un « Groupe E », à l'est de la grande place du centre cérémoniel : une cour quadrangulaire flanquée de deux socles, à l'est et à l'ouest. Le socle oriental est allongé, 90 mètres du sud au nord sur 40 d'est en ouest. Celui de l'ouest, plus petit (46 mètres sur 27), servait de point d'observation.

Le plan est identique à celui des complexes mayas. Il double en dimensions le Groupe E d'Uaxactún, au Guatemala, et les deux remontent au Préclassique moyen, entre 1000 et 600 avant notre ère. À Teteles, le socle allongé ne marque pas les équinoxes en son centre : il servait à fixer le début du calendrier mésoaméricain en février et la récolte en octobre. Depuis la façade du socle est, on suit à l'aube la course du soleil aux équinoxes et aux solstices.

L'archéologue relie aussi la plus haute pyramide du site, 12 mètres, à Canopus, la deuxième étoile la plus brillante du ciel nocturne, associée au début du calendrier en février. Il évoque un lien possible avec la déesse nahua Nantehuitz, « notre mère du sud ».

Occupation, offrandes et réserves

Les 16 structures pyramidales montrent plusieurs phases d'occupation. Teteles a prospéré entre 900 et 600 avant notre ère environ, puis a décliné vers l'an 100, peut-être à cause de l'essor de Cantona voisine. Des offrandes déposées en périphérie, datées de 100 à 600, montrent que le lieu a gardé une fonction de culte. Une offrande totonaque de 600-900 a été retrouvée dans l'un des socles.

Les fouilles ont livré des offrandes de céramique, des restes d'enfants dans un vase et de nombreux objets en obsidienne. Des perles d'obsidienne verte suggèrent des liens avec Teotihuacan, qui contrôlait la carrière de Hidalgo d'où provient la pierre. Pour Diez Barroso, les habitants fabriquaient peut-être des ustensiles en obsidienne pour les vendre, sur une route commerciale active. Il y voit aussi des ancêtres des Totonaques, établis plus tard à Yohualichan et à El Tajín.

Ivan Šprajc, spécialiste d'archéoastronomie à Ljubljana, n'a pas participé au projet. Il juge que l'usage courant du mot « observatoire » pour ces complexes n'est pas entièrement justifié : leurs fonctions principales étaient cérémonielles ou résidentielles, même s'ils portent des alignements astronomiques. Il cite des ensembles semblables et plus anciens, dont certains antérieurs à 1000 avant notre ère, sur les côtes du golfe et du Pacifique.

Un projet d'ouverture du site au public et de musée est en cours, sans calendrier précis.

Source : INAH (Instituto Nacional de Antropología e Historia), boletín 471