Le duo Brognon Rollin remporte le prix Marcel Duchamp 2026

Le prix Marcel Duchamp 2026 revient au duo formé par David Brognon et Stéphanie Rollin. Le nom des lauréats a été dévoilé jeudi 22 octobre 2026 au Musée d'Art Moderne de Paris, lors d'une cérémonie tenue alors qu'Art Basel et d'autres foires venaient de fermer leurs portes plus tôt que prévu.

L'Association pour la diffusion internationale de l'art français (ADIAF) décerne cette récompense chaque année. Pour cette 26e édition, elle a distingué le travail de cinq artistes, saluant, selon les mots de son président Claude Bonnin, leur « attention profonde portée à l'humain ».

Quatre finalistes au musée

Quatre artistes étaient en lice : Josèfa Ntjam, Joël Andrianomearisoa, Laura Henno et le duo Brognon Rollin. Leurs œuvres sont réunies dans une exposition en accès libre et gratuit au Musée d'Art Moderne de Paris jusqu'au 7 février 2027.

Le prix a été créé en 2000 par l'ADIAF pour révéler le potentiel créatif français et propulser les artistes sur la scène internationale. En vingt-six ans, plus d'une centaine d'artistes, lauréats comme nommés, en ont bénéficié. Il était d'abord organisé avec le Centre Pompidou ; les travaux de rénovation de Beaubourg ont obligé l'association à se tourner vers le Musée d'Art Moderne de Paris, partenaire reconduit jusqu'en 2029. Chaque année, une exposition y est consacrée aux quatre artistes nommés.

La dotation financière s'élève à 90 000 euros, répartie entre les finalistes, dont 35 000 euros pour le lauréat. S'y ajoutent des avantages en nature : un catalogue, des expositions internationales soutenues par les Instituts français, des résidences à la Manufacture de Sèvres et à la Villa Albertine, aux États-Unis.

Les vies suspendues de Brognon Rollin

Né en Belgique pour l'un, au Luxembourg pour l'autre, David Brognon et Stéphanie Rollin se sont rencontrés en 2006. Représentés par la galerie MFC Michèle Didier, ils travaillent l'installation, la sculpture-objet et la performance, avec un long travail préparatoire pour comprendre leur sujet.

Ils s'intéressent aux vies suspendues, ces moments où tout semble s'arrêter alors que tout se joue : les longues secondes de chute libre après une éjection d'avion, les interminables années de lutte contre les addictions. Leur art cherche à donner une substance au temps, à l'attente, à la durée. Leurs œuvres figurent dans de nombreuses collections publiques françaises, dont celles du Centre Pompidou et du MAM, ainsi que dans celles du Mudam Luxembourg et du BPS22, en Wallonie.

Joël Andrianomearisoa, déjà exposé à la Biennale de Venise, s'inspire de l'héritage malgache. Laura Henno, photographe et cinéaste, suit des personnes en marge, de Mayotte au Sonora, en Californie. Josèfa Ntjam associe sculpture, son et vidéo.

Source : Connaissance des Arts