Sébastien Lapaque reçoit le Grand Prix du roman de l'Académie française 2026 pour « Le Rappel des oiseaux », paru chez Actes Sud. L'institution s'est réunie ce jeudi 29 octobre. Le prix est doté de 10 000 euros.
Le scrutin a été serré. Au troisième tour, l'écrivain a obtenu huit voix. Yannick Haenel en a recueilli sept pour « La Solitude des professeurs est infinie » (Gallimard), et Marie Petitcuénot trois pour « Heures sauvages » (Héloïse d'Ormesson).
Un roman entre science et spiritualité
« Le Rappel des oiseaux » est sorti le 7 octobre 2026. Le livre suit Noé, de son enfance dans la Bretagne des années 1970 jusqu'aux collines d'Assise, en Italie, trente ans plus tard. Il grandit entouré de l'affection de sa grand-mère et de ses cousins. Fils de cadres de l'agroalimentaire, il choisit une autre voie que ses parents et se consacre à l'étude des phénomènes lumineux.
Azou, son grand amour, est absente, et cette absence le hante. Au fil de son cheminement intérieur, le chant des oiseaux et la figure de François d'Assise l'accompagnent vers une forme de réconciliation entre la science, la spiritualité et le monde vivant. Le roman parle de perte, d'espérance et de la possibilité de retrouver une joie de vivre malgré les blessures du passé.
Un auteur déjà distingué
Né en 1971 à Tübingen, en Allemagne, Sébastien Lapaque est romancier, essayiste et critique littéraire, notamment pour Le Figaro littéraire. Son œuvre est traversée par la littérature, l'histoire et les questions spirituelles. Parmi ses livres figure « Ce monde est tellement beau » (Actes Sud, 2021), récompensé par le prix Jean-Freustié.
En 2024, il a reçu le prix Renaudot de l'essai pour « Échec et mat au paradis » (Actes Sud). L'ouvrage raconte la rencontre entre Stefan Zweig et Georges Bernanos au Brésil, en 1942, quelques semaines avant le suicide de l'écrivain autrichien.
Ce n'est pas sa première distinction venue de l'Académie. Elle lui avait attribué le prix François-Mauriac en 2000 pour « Les Idées heureuses », puis le prix Émile-Faguet en 2023 pour son essai « Vivre et mourir avec Georges Bernanos ».
Créé en 1914 et rattaché à la Fondation Broquette-Gonin, le Grand Prix du roman est décerné chaque année. Une commission de douze académiciens titulaires et de suppléants établit les sélections successives. L'ensemble des académiciens départage ensuite les finalistes à bulletin secret.
Sébastien Lapaque succède à Yanick Lahens, couronnée en 2025 pour « Passagères de nuit » (Sabine Wespieser). Elle l'avait aussi emporté au troisième tour, par onze voix contre dix à Pauline Dreyfus.
Source : ActuaLitté