La Serpentine, à Londres, a annoncé le 2 septembre les quatre premiers lauréats de ses bourses de recherche « Future Art Ecosystems ». Ces bourses portent sur la pratique artistique et l'expérimentation avec les technologies de pointe, dont l'intelligence artificielle. Près de 1 000 candidatures ont été reçues lors d'un appel international. Les boursiers mènent leurs recherches pendant six mois à partir de septembre 2026.
Un programme financé sur trois ans
L'initiative repose sur un partenariat de trois ans avec Glass Castle, une organisation caritative artistique de Londres. Elle est présidée par Suneil Setiya, cofondateur de Quadrature Capital. Le partenariat prévoit aussi de financer chaque année une commande. Chaque boursier reçoit une bourse, un voyage à Londres et un mentorat personnalisé. Le montant n'a pas été communiqué. Le programme mêle sessions en ligne, séminaires, ateliers et sessions intensives à Londres. Future Art Ecosystems existe depuis 2019 et cette bourse en constitue un nouveau volet.
Le jury comptait les artistes Refik Anadol, Cao Fei et Holly Herndon. Y siégeaient aussi Lila Ibrahim, de Google DeepMind, l'économiste Mariana Mazzucato, l'écrivain Venkatesh Rao, Suneil Setiya et Evan Spiegel, cofondateur de Snap. Hans Ulrich Obrist, directeur artistique de la Serpentine, et Bettina Korek, sa directrice générale, complétaient le jury avec l'équipe du programme.
Quatre projets retenus
- Alfredo Salazar-Caro, artiste mexicain, étudie la rencontre entre technologies émergentes et savoirs ancestraux pour imaginer des architectures liées à l'habitat et à l'écologie.
- Alice Bucknell, basée à Los Angeles, mène le projet Medium Sized World sur les modèles du monde, des systèmes d'IA qui simulent des environnements. Ses recherches doivent nourrir un jeu vidéo multijoueur.
- Auriea Harvey, artiste numérique et sculptrice installée à Rome, étudie l'évolution d'une figure créée par l'artisanat numérique et l'IA, puis diffusée sous forme de fichier.
- Reina Mun, doctorante à Harvard, s'intéresse à « l'amélioration » promise par l'IA et à l'écart entre bénéfices perçus et résultats mesurés.
Selon la Serpentine, le programme pose une question : qui a le droit d'imaginer ce que signifie vivre avec ces technologies ? Bettina Korek et Hans Ulrich Obrist disent vouloir favoriser de nouvelles façons de penser le lien entre technologie, société et culture.