Poursuivie par UMG, Sony Music et bien d'autres, la plateforme de musique générée par IA Suno est cette fois à l'origine d'une procédure. Elle a déposé une requête pour obliger le Mechanical Licensing Collective (MLC) à répondre à une demande de documents sur des données de streaming. Le conflit couvait en coulisses depuis le début de l'année 2026 et a éclaté la semaine dernière.
Udio (Uncharted Labs) a, de son côté, adressé au MLC une demande que celui-ci qualifie de « substantiellement identique », et elle fait l'objet d'une requête distincte. Udio fait face à moins de plaintes que Suno mais reste engagé dans un litige avec Sony Music.
Des chiffres label par label depuis 2021
Face aux accusations des majors sur les royalties et la dilution du marché, Suno a demandé en avril des chiffres de diffusion par label remontant à 2021. L'assignation visait des documents montrant, mois par mois, les données de performance de tous les labels pour Amazon, Apple, Deezer, Meta, Pandora, Snapchat, SoundCloud, Spotify, Tidal, TikTok et YouTube. Ces données comprennent notamment le code ISRC, le titre, le label, le distributeur, le nombre de lectures et les artistes principaux.
Pour Suno, ces documents offrent un tableau complet du marché du streaming à l'époque du lancement de sa plateforme. Ils sont, écrit la société, pertinents pour la thèse des plaignants selon laquelle la musique générée par IA aurait nui à leurs parts de marché et à leurs royalties.
Le MLC refuse
Le MLC n'a rien remis en avril, ni après une seconde assignation à la fin d'août, plus restreinte : Meta, Snapchat et TikTok n'y figurent plus. Il invoque une demande « vague, ambiguë et excessive ». Il affirme aussi ne pas collecter de données auprès des labels ou des distributeurs, et avoir reçu des objections de plateformes concernées.
Selon les avocats de Suno, le MLC s'était engagé à fournir plusieurs téraoctets de données, Suno acceptant de payer environ 5 000 dollars, avant de faire marche arrière à la demande des plateformes. Le 23 septembre, Chris Campbell, de The Campbell Firm, qui représente Suno et Udio, l'a écrit aux avocats du MLC, le cabinet Pryor Cashman : « Nous avons passé près de quatre mois à travailler avec le MLC pour centrer cette production sur les éléments pertinents. »
Limiter la livraison aux seuls labels plaignants ne convient pas non plus à Suno. Chris Campbell estime qu'une telle restriction « irait à l'encontre d'un objectif central » de la demande. Pour la requête d'Udio, un calendrier commun prévoit une réponse du MLC avant le 30 octobre et une réplique de la plateforme avant le 13 novembre.
Source : Digital Music News