Universal Music : 3,39 Md€ de revenus et un message contre l'IA

Universal Music Group a publié jeudi les résultats de son troisième trimestre. Le premier label du monde affiche 3,394 milliards d'euros de revenus, soit environ 3,78 milliards de dollars et près de 12 % de plus qu'en 2025.

Le groupe attribue ces chiffres à des sorties de Mrs. Green Apple, Olivia Rodrigo, Stray Kids, Ariana Grande et des Beatles, qu'il cite parmi les plus gros succès du trimestre.

Les chiffres par activité

La musique enregistrée progresse d'un peu plus de 7 % hors acquisition de Downtown Music, et de près de 15 % au total. Elle atteint 2,55 milliards d'euros, soit 2,84 milliards de dollars. L'édition musicale croît de 7,5 %, ou d'environ 1,5 % hors Downtown, à 590 millions d'euros (environ 659 millions de dollars).

Les revenus d'abonnement grimpent de 18 % sur un an, à environ 2 milliards de dollars, avec une hausse de 8 % hors Downtown. Le physique gagne 15 %, à 392 millions d'euros (environ 437 millions de dollars). Les produits dérivés reculent d'environ 4,6 %, à 248 millions d'euros (environ 277 millions de dollars). Le groupe l'explique par un nombre moindre de grandes tournées.

L'IA au centre du discours

Lors de la conférence avec les analystes, le PDG Lucian Grainge a présenté le rachat de Downtown comme « l'acquisition la plus importante qu'UMG ait réalisée depuis EMI ». Il a ensuite consacré l'essentiel de son introduction à l'intelligence artificielle et aux mesures prises par UMG et d'autres acteurs, plateformes de streaming comprises, contre la prolifération de ce qu'il appelle l'« AI slop », des contenus de faible qualité générés par IA.

Selon lui, « l'ampleur du problème dépasse les progrès accomplis ». Il a cité l'exemple de classements de blues « pollués par du contenu d'IA qui imite synthétiquement cet impact émotionnel ». Il a ajouté : « L'AI slop dégrade l'expérience des fans et détourne de la valeur des artistes réels. Il ne sert personne. Ni les artistes, ni les plateformes, ni les consommateurs. »

Lucian Grainge plaide pour que ces contenus soient rémunérés moins que la musique d'artistes réels, afin de décourager la « production de contenu à l'échelle industrielle ».

Dans le communiqué, il a déclaré que les résultats montraient « la valeur durable du soutien à des artistes extraordinaires ». Il y décrit une industrie « saine et en croissance », et annonce que UMG se rend « plus rapide et plus concentré » pour gagner en efficacité. Ces résultats suivent de deux semaines une vague de licenciements chez UMG, qui s'est accompagnée de départs de dirigeants, dont Tunji Balogun (Def Jam) et Jim Roppo (Republic Records).

Source : The Hollywood Reporter