Universal Music Group et Sony Music ont déposé le 14 octobre 2026 une requête devant un tribunal fédéral de Manhattan. Ils demandent que le distributeur DistroKid soit contraint de révéler combien de chansons générées par IA passent chaque mois par son service. Selon les majors, DistroKid a refusé de fournir les documents réclamés par une assignation délivrée en septembre 2026.
Pourquoi ces données
DistroKid n'est pas partie au procès principal. Celui-ci oppose depuis 2024 les maisons de disques à Suno, un service qui génère de la musique à partir de textes. Les majors accusent Suno d'avoir copié sans autorisation des enregistrements protégés pour entraîner son système. Suno conteste et invoque le fair use, l'exception américaine au droit d'auteur.
L'analyse du fair use tient compte de l'effet sur le marché des œuvres originales. Les majors soutiennent que la musique IA concurrence leurs enregistrements. Suno ne suit pas où sont distribués ses morceaux ni leurs performances. Selon les plaignants, DistroKid détient des mesures internes sur les enregistrements IA qui arrivent sur les grandes plateformes, car il utilise une technologie de détection. Les avocats des majors le décrivent comme l'un des principaux canaux par lesquels le marché du streaming est inondé d'enregistrements générés par IA.
La position de DistroKid
DistroKid conteste la pertinence de la demande. Selon lui, le volume de titres IA mis en ligne a peu de rapport avec la question de savoir si Suno a copié illégalement des enregistrements. Aucune décision n'a encore été rendue. En septembre 2026, Universal a par ailleurs engagé une action distincte contre DistroKid, qu'elle accuse de faciliter la diffusion de titres IA contrefaisants. DistroKid nie toute faute, mais a retiré un nombre limité d'enregistrements après cette plainte.