La cathédrale de Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, va faire l'objet de travaux de consolidation. L'édifice de style classique appartient à l'État. Il est fermé depuis six ans. Le chantier coûte 13,1 millions d'euros et est financé par l'État. Le maître d'ouvrage est l'Oppic, l'Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture.
Des fissures apparues en 2020
Stéphane Tissier, chef de service à l'Oppic, rappelle qu'« en octobre 2020, des fissures sont apparues sur trois travées de la nef ». Elles se situent entre le massif occidental et la nef. Il les décrit comme larges et traversantes. Elles montrent que le massif occidental a bougé et que ses éléments se sont désolidarisés. Les désordres sont apparus pendant la construction d'un parking souterrain de cinq niveaux, creusé jusqu'à 18 mètres de profondeur au pied de l'édifice. Une procédure judiciaire a été ouverte pour établir un éventuel lien. Un pré-rapport d'expertise du 14 mars 2022 attribue une partie des dommages à des omissions et erreurs de conception du bureau d'études géotechniques Géotec, selon la cour administrative d'appel de Toulouse. Un rapport remis en 2023 a conclu à la nécessité de lourds travaux de stabilisation.
Des dizaines de témoins en plâtre ont été posés pour suivre l'évolution des fissures. Des capteurs et des fissuromètres ont été ajoutés. Le diagnostic structurel a été confié à Pierre-Yves Caillault, architecte en chef des monuments historiques et maître d'œuvre. Stéphane Tissier parle d'un projet complexe en conception comme en réalisation, qui a demandé du temps pour stabiliser les études.
Deux phases jusqu'en 2029
La première phase, consacrée à la consolidation structurelle, doit commencer début 2027. Elle repose sur des micropieux placés sous le massif occidental. « Le principe retenu, c'est de recréer des points fixes pour stabiliser l'ouvrage », explique Stéphane Tissier. Une réouverture partielle est attendue début 2028. La seconde phase portera sur la reprise des fissures et la restauration des décors des chapelles, datés des XVIIIe et XIXe siècles. Elle doit s'achever au plus tard début 2029.