Grèce et Bulgarie échangent des objets, Athènes vise le Parthénon

La Bulgarie a rendu à la Grèce 48 objets religieux emportés par les troupes bulgares en 1917. Ils proviennent des monastères de Panagia Eikosifoinissa et de Timios Prodromos, dans le nord de la Grèce. En échange, des ossements attribués au tsar Samuel sont arrivés à Sofia le samedi 3 octobre 2026. L'accord avec le gouvernement grec avait été conclu le 29 septembre.

Un dépôt plutôt qu'un transfert de propriété

Le Musée national d'histoire de Bulgarie, propriétaire des objets, précise que leur retour en Grèce ne vaut pas transfert de propriété. Ils restent inscrits à son inventaire. Les ossements du tsar sont eux aussi confiés à la Bulgarie en dépôt, et non restitués définitivement. Sofia les réclamait officiellement depuis 2007. Samuel a régné sur l'empire bulgare de 997 à 1014. Il s'est opposé à l'empereur byzantin Basile II.

Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a salué un succès diplomatique. Il a aussi rappelé l'objectif de son gouvernement de récupérer les marbres du Parthénon conservés au British Museum. Il a déclaré : « Mon pays n'acceptera aucun arrangement impliquant la reconnaissance d'une propriété étrangère. »

Un différend ancien

Athènes demande depuis les années 1980 le retour des marbres et le transfert de leur propriété. Une démarche diplomatique avait été engagée en 1982 par la ministre de la Culture de l'époque, Melina Mercouri. La Grèce estime que les marbres ont été enlevés illégalement entre 1801 et 1805, quand le pays était sous domination ottomane. Elle défend aussi l'intégrité du Parthénon. Le Royaume-Uni considère que l'acquisition était légale. Il rejette les demandes grecques en invoquant la valeur universelle des œuvres.