À l'automne 2024, la police italienne a utilisé l'intelligence artificielle pour analyser des photos prises dans une foire d'antiquités très fréquentée. L'outil a permis d'identifier une huile sur toile volée vingt ans plus tôt dans une église.
Le commandement des carabiniers pour la protection du patrimoine culturel, la brigade italienne des crimes d'art, emploie depuis 2023 un algorithme d'IA pour repérer les œuvres et objets volés. La plateforme s'appelle Swoads, pour Stolen Works of Art Detection System. Elle a été conçue par Salvatore Rapicavoli, un ingénieur informatique entré dans l'équipe chargée des crimes d'art en 2023.
Tout a commencé en octobre 2024, quand des policiers se sont rendus à Mercanteinfiera, un village d'antiquaires vieux de quarante ans qui attire des exposants de toute l'Europe. Ils ont versé leurs photographies dans la base de données de la brigade. Swoads a signalé l'image d'une jeune femme tenant un rouleau.
Un agneau repeint
La toile était proche d'un tableau du XVIIe siècle représentant sainte Agnès, dérobé à Virgo Potens, une petite église de Sulmona, dans les Abruzzes. Pour l'œil humain, la correspondance n'était pourtant pas exacte. Au fil des deux décennies, l'agneau que sainte Agnès tenait dans ses bras avait été recouvert par un rouleau portant une inscription en latin.
Swoads a malgré tout détecté des empreintes visuelles cachées, en rapprochant des nuances de couleur et des silhouettes approximatives.
Selon ARTnews, l'objectif de Rapicavoli d'utiliser la technologie contre les crimes d'art est atteint. D'après la BBC, Swoads a permis de récupérer plus de 300 grands tableaux et statues, ainsi que plus de 165 000 petits objets, comme des pièces, des lettres et des médailles. L'ensemble vaut plus de 200 millions de dollars. Le portrait de sainte Agnès a, lui, été rendu à l'église d'où il avait été volé. Les voleurs n'ont toujours pas été arrêtés.
Source : ARTnews