Mont Sainte-Odile : 3,5 millions d'euros pour deux chapelles

Le sanctuaire du Mont Sainte-Odile, à Ottrott (Bas-Rhin), restaure deux de ses chapelles. Le site se trouve à 763 mètres d'altitude, sur un promontoire des Vosges. Le couvent a été fondé au VIIIe siècle par sainte Odile, patronne de l'Alsace. Il reçoit environ 560 000 visiteurs par an. Le chantier coûte 3,5 millions d'euros et doit durer deux ans. Le propriétaire est le diocèse de Strasbourg.

Les chapelles des Anges et des Larmes

Les deux chapelles datent du XIe siècle et ont été remaniées au fil des siècles. Elles sont situées au nord du site, sur un éperon rocheux. Elles sont fermées au public depuis la crise sanitaire du Covid-19, après la chute d'une dalle due à l'humidité. Une étude a conclu que le rocher n'est pas dangereux aujourd'hui, mais qu'il doit être consolidé. Une partie s'était déjà effondrée au XIXe siècle. Une première étape a été menée fin 2025 sur le dôme en plomb de la sacristie du XVIIIe siècle, où l'eau abîmait la charpente et le mobilier. Le chantier porte maintenant sur la chapelle des Larmes.

Selon le recteur du sanctuaire, le père Régis Laulé, les chapelles avaient été couvertes de peintures murales au XIXe siècle. Elles ont été remplacées dans les années 1930 par des mosaïques inspirées de l'art de Ravenne. La chapelle des Anges représente les neuf chœurs des anges. La chapelle des Larmes évoque le repentir de sainte Odile. Les mosaïques présentent des lacunes et d'anciennes réparations défectueuses. Des caisses de tesselles des années 1930 ont été retrouvées par hasard dans les combles de l'église. Certains panneaux du dallage seront remplacés par des pièces reprenant les motifs et les teintes d'origine.

Un chantier exposé aux intempéries

L'architecte du patrimoine Bertrand Fleck dirige les travaux. Il parle d'un « véritable défi logistique ». Les chapelles subissent le vent et de forts écarts de température entre faces ensoleillées et faces à l'ombre. La consolidation du rocher représente le poste le plus coûteux : remplacement de garde-corps non conformes, restauration des ferronneries et des murs, comblement des fissures et des cavités pour éviter que l'eau ne stagne. Le chantier est financé par l'État, la Région Grand Est, la Collectivité européenne d'Alsace et la Fondation du patrimoine, avec le mécénat de la Fondation Axa et du Crédit mutuel.