La villa Marmottan de Boulogne rouvre après cinq ans de travaux

La villa Marmottan, à Boulogne-Billancourt, a rouvert au public le 6 octobre. Le bâtiment appartient à l'Académie des beaux-arts. Les travaux ont duré cinq ans et ont coûté 10 millions d'euros. L'Académie avait repris la gestion du lieu à la ville de Boulogne-Billancourt en 2018. La villa abrite une bibliothèque de 20 000 ouvrages. Des activités de recherche et de création y avaient commencé avant la réouverture.

Retrouver l'état Paul Marmottan

Le diagnostic a révélé de nombreux désordres. Des insectes xylophages attaquaient les parquets. Des champignons se développaient dans les réserves du sous-sol. L'eau s'infiltrait dans les murs et des éléments de décor disparaissaient. Des griffons en carton-pierre étaient tombés. L'architecte Jennifer Didelon a dirigé la restauration des décors. L'objectif était de retrouver l'aspect de la maison du temps de son fondateur, le collectionneur Paul Marmottan (1856-1932). Les couleurs des murs ont été rétablies à partir de sondages. Le petit salon bleu a retrouvé une tenture de soie issue des manufactures de Caroline Murat. Un ascenseur a été installé, le lieu est devenu accessible aux personnes à mobilité réduite, l'auditorium a été équipé et la galerie d'exposition climatisée. Un jardin du paysagiste Louis Benech reste à aménager.

Paul Marmottan possédait aussi un hôtel particulier à Paris, dans le quartier de la Muette. Il est devenu le musée Marmottan Monet.

Des résidences et des expositions

L'historien de l'art et académicien Adrien Goetz dirige la bibliothèque depuis six ans. Il veut faire du site un lieu vivant, avec des concerts, des conférences et un soutien aux chercheurs et aux artistes. Une première tranche de travaux a créé cinq ateliers-logements. Les premiers résidents sont arrivés en 2021. Près de 40 personnes y ont séjourné depuis. Un jury de membres de l'Académie choisit des chercheurs spécialistes de la première moitié du XIXe siècle et des artistes. Chaque résident reçoit une bourse de 1 500 euros par mois et 5 000 euros pour une production ou une publication. La villa alternera expositions historiques et contemporaines. La première exposition contemporaine, prévue au printemps 2027, réunira une dizaine d'anciens résidents.