La 61e Exposition internationale d'art de la Biennale de Venise se tient du 9 mai au 22 novembre 2026, à l'Arsenale et aux Giardini. Son titre est « In Minor Keys ». Elle a été conçue par Koyo Kouoh, nommée en décembre 2024 et morte en mai 2025. La commissaire camerounaise dirigeait le Zeitz MOCAA du Cap et avait fondé RAW Material Company à Dakar. Son équipe a mené le projet à terme. « Koyo voulait que l'on raconte des histoires », a déclaré l'artiste Khalil Joreige le jour du vernissage.
Une ouverture sous tension
Début mai, le jury de la Biennale a démissionné en raison de la participation de la Russie et d'Israël. Des pétitions d'artistes en soutien à Gaza ont recueilli de nombreuses signatures. Des blocages ont été annoncés à l'entrée des Giardini. Les Pussy Riot et les Femen sont intervenues pendant la semaine d'inauguration, et des manifestations ont eu lieu près de l'Arsenale. Certains pavillons sont restés fermés le 8 mai, veille de l'ouverture au public. À l'entrée, un poème de Refaat Alareer accueille les visiteurs : « If I must die / Let it bring hope / Let it be a tale ».
Les œuvres de l'Arsenale et des Giardini
L'artiste sénégalais Issa Samb, mort en 2017, ouvre les deux sites. À l'Arsenale, Walid Raad présente un mur de palettes peintes qui ont servi à transporter des armes de la guerre du Liban vers la Yougoslavie. Joana Hadjithomas et Khalil Joreige montrent leurs Time Capsules. Carrie Schneider déroule un ruban de papier photographique d'un kilomètre reprenant huit secondes de La Jetée de Chris Marker. Éric Baudelaire présente un triptyque vidéo sur la production industrielle de fleurs, en dialogue avec une pièce de Pirandello. Tuan Andrew Nguyen évoque les soldats sénégalais envoyés au Vietnam.
Au pavillon international des Giardini, Otobong Nkanga couvre des murs extérieurs de reliefs et de poèmes. On y voit aussi l'assemblée d'animaux en résine végétale de Celia Vasquez Yui, le Manual of Instructions for « Étant donnés » de Marcel Duchamp (1966), une installation d'Ebony G. Patterson et des paysages du Palestinien Mohammed Joha, faits avec ses propres vêtements. Le Nairobi Contemporary Art Institute, fondé en 2020 par Michael Armitage, y dispose d'un espace.