Plus de dix ans après le piratage de Sony, Martin Scorsese en subit encore les conséquences. Le réalisateur oscarisé a raconté que cette attaque numérique, menée avec le soutien de l'État nord-coréen, avait fait échouer son projet de film sur Cléopâtre, avec Angelina Jolie dans le rôle-titre.
Il s'est confié à sa fille, Francesca Scorsese, dans l'émission « Crafty » de Tribeca. « Tu te souviens, on devait faire "Cléopâtre" à un moment, et puis ils se sont moqués de [Kim Jong Un], et il s'est fâché, et il a fait sauter tout le monde chez Columbia », a-t-il dit. Puis : « Seth Rogen, c'est ça ? Et alors il s'est fâché, et ça a ruiné "Cléopâtre". »
Le cinéaste a ajouté : « On allait le faire. Le scénario était prêt. Angelina Jolie... On y allait. Elle devait être Cléopâtre VII. Ça aurait été complètement fou. »
Sa fille disant être furieuse du sort réservé au film, il a plaisanté : « Eh bien, dis-le à Seth, parce qu'ils ont tout ruiné. Juste parce que Kim Jong Un n'a pas le sens de l'humour. »
Le film à l'origine du piratage
Le piratage était une riposte à « The Interview », sorti en 2014, coécrit et réalisé par Seth Rogen et Evan Goldberg. Dave Skylark, animateur d'une émission people incarné par James Franco, et son producteur Aaron Rapaport, joué par Rogen, décrochent une rare interview de Kim Jong Un, interprété par Randall Park. La CIA l'apprend et leur demande d'assassiner le dictateur nord-coréen.
Malgré ces suites imprévues, Scorsese et Rogen ont tourné la page. Le premier a même joué son propre rôle dans le premier épisode, l'an dernier, de « The Studio », la série Apple TV du second. Dans cette série, le personnage de patron de studio qu'incarne Rogen, Matt Remick, finit par être responsable de l'abandon du projet de cœur de Scorsese.
Source : Deadline