Biennale de Lyon 2026 : 120 artistes autour du rêve et de l'économie

La 18e Biennale d'art contemporain de Lyon a ouvert le 19 septembre 2026 et se poursuit jusqu'au 13 décembre. Elle porte le titre « Passer d'un rêve à l'autre ». Sa commissaire, Catherine Nichols, d'origine australienne, travaille à la Hamburger Bahnhof de Berlin et a dirigé Manifesta 14 à Pristina en 2022. La direction artistique est assurée par Isabelle Bertolotti. L'édition réunit 120 artistes de 42 nationalités.

Le projet s'appuie sur le Livre des passages de Walter Benjamin, sur les « principes d'économie poétique » de Robert Filiou et sur La Fête permanente du mouvement Fluxus. Selon Catherine Nichols, les traboules lyonnaises « incarnent l'architecture-seuil du rêve ». L'Australie et Aotearoa, la Nouvelle-Zélande, sont la région invitée : un rituel maori a ouvert l'inauguration au macLYON.

Trois lieux, trois volets

Le macLYON accueille le volet dit existentiel, consacré aux conditions de vie et de mort, à l'héritage et à la dette. On y voit notamment la trilogie de Luke Willis Thompson sur l'Océanie et trois grandes peintures de Thu-Van Tran. Le musée des Tissus et des Arts décoratifs abrite le volet relationnel. Angelica Mesiti y montre des jeunes adultes qui frappent des mains jusqu'à imiter un orage, et Rossella Biscotti transpose des données de recensement en textiles tissés sur un métier Jacquard conçu à Lyon.

Les Grandes Locos, ancien technicentre de la SNCF, portent le volet industriel. Laure Prouvost y suspend une grande toile au-dessus des restes d'une fête. Joël Andrianomearisoa déploie 44 kilomètres de fils, cordes et tissus venus d'Antananarivo. Le Ghanéen Akwasi Bediako Afrane a construit un labyrinthe d'appareils électroniques recyclés que des visiteurs activent à vélo. Il explique qu'en Occident ces appareils sont vus comme des déchets, alors qu'au Ghana ils sont récupérés et revendus.

Au-delà des trois sites

La Biennale investit aussi le parking LPA Saint-Antoine, où Mikhail Karikis diffuse des voix d'anciens mineurs. À Villeurbanne, l'Institut d'art contemporain présente « Jeune création internationale », avec notamment Yehwan Song et Valentin Pinet. Catherine Nichols résume le projet comme « une quête d'un nouvel imaginaire économique ».