Gwangju et Busan : deux biennales coréennes sur le changement

La Corée du Sud accueille deux biennales d'art contemporain en même temps cet automne. La 16e Biennale de Gwangju se tient du 5 septembre au 15 novembre 2026. La Biennale de Busan, qui vient d'ouvrir, dure jusqu'au 1er novembre.

Gwangju : « You Must Change Your Life »

Le titre de Gwangju reprend le dernier vers d'un poème de Rainer Maria Rilke, Torse archaïque d'Apollon, écrit en 1908. Le directeur artistique est le vidéaste singapourien Ho Tzu Nyen. Il travaille avec les commissaires Che Kyongfa, Park Gahee et Brian Kuan Wood. L'exposition centrale réunit 46 artistes et collectifs selon un décompte, 43 selon un autre. Elle s'accompagne de 27 pavillons nationaux et indépendants. Parmi les participants figurent Matthew Barney, Wang Tuo, Nam Hwayeon, Tehching Hsieh, Amanda Heng et le peintre Heo Baekryeon.

Le collectif 5D présente, avec ses ayants droit, des dessins, aquarelles et cartes de l'écrivaine de science-fiction Ursula K. Le Guin, issus de la collection familiale. Le projet May Mothers' House expose 322 peintures réalisées depuis 2022 en hommage aux femmes touchées par le soulèvement de Gwangju en 1980. « Le changement n'est pas toujours bon », rappelle Ho Tzu Nyen. Il dit ne pas viser « un instantané de l'art contemporain coréen » mais « un champ de changement en couches ». La ville de Gwangju a par ailleurs présenté des excuses à la Chine au sujet du nom d'un pavillon de Taïwan.

Busan : « Dissident Chorus »

À Busan, la biennale est codirigée par Evelyn Simons et Amal Khalaf. Selon Evelyn Simons, l'équipe a étudié l'histoire des contestations en Corée : mouvements démocratiques, révoltes étudiantes et luttes ouvrières. La House of Korean Protest Songs y participe. Eunji Cho propose un chant collectif de pêcheurs inspiré de l'histoire ouvrière de Busan. Heaven Baek s'appuie sur des témoignages oraux liés au Corps des travailleuses volontaires de Joseon. Le Thaïlandais Tanat Teeradakorn étudie la postérité des chants de protestation, dont la Marche pour le bien-aimé.