Le Brooklyn Museum, à New York, présente « Art of Manga » du 3 octobre 2026 au 31 janvier 2027. L'exposition a d'abord été montrée au de Young Museum de San Francisco. Elle réunit plus de 600 dessins originaux de mangakas japonais. Elle est organisée par Nicole Coolidge Rousmaniere, directrice générale adjointe du MOA Museum of Art d'Atami, au Japon, commissaire des deux étapes, et par Joan Cummins, conservatrice principale des arts asiatiques du musée. Pauline Vermare, conservatrice de la photographie, y a aussi participé.
Des planches rarement sorties du Japon
Hirohiko Araki y est représenté par des planches de JoJo's Bizarre Adventure : Diamond is Unbreakable (1993) et par There is Always a Traitor (2018), une peinture grandeur nature en douze panneaux. Selon Nicole Coolidge Rousmaniere, l'artiste voulait qu'elle soit accrochée de façon que le public puisse s'imaginer dans le décor de JoJo. On voit aussi la dernière page originale d'Ashita no Joe de Tetsuya Chiba. Jiro Taniguchi est présent avec Ice Age Chronicle of the Earth (1987-1991) et un autoportrait inachevé au crayon, prêté par sa veuve et montré pour la première fois hors du Japon. Rumiko Takahashi, Fumi Yoshinaga, Gengoroh Tagame et Eiichiro Oda figurent parmi les autres auteurs.
Pauline Vermare parle d'« une montagne de complications ». Selon Nicole Coolidge Rousmaniere, les éditeurs et les auteurs ont « le dernier mot » sur la manière d'exposer leurs œuvres. Joan Cummins estime que ces pièces ne quitteront plus le Japon avant des décennies.
Un marché mondial
Les commissaires replacent l'exposition dans le contexte de l'essor international du manga. D'après le ministère japonais de l'Économie, le marché du manga hors du Japon a atteint 300 milliards de yens en 2024, soit près de 2 milliards de dollars. Aux États-Unis, les mangas se vendent mieux que les comics de super-héros chaque année depuis 2018, selon l'institut BookScan. « Le manga n'est plus une importation mais un phénomène mondial simultané », affirme Nicole Coolidge Rousmaniere. Le musée encourage le cosplay et a rebaptisé son vestiaire « cos check » pendant l'exposition.