Le musée Jacquemart-André, boulevard Haussmann à Paris, présente « Éternel Tintoret » du 11 septembre 2026 au 24 janvier 2027. L'exposition porte sur le peintre vénitien Jacomo Robusti, dit Tintoret (1518-1594). Son surnom renvoie au métier de teinturier de son père et à sa petite taille. Selon Carlo Ridolfi, son premier biographe, il aurait été chassé de l'atelier de Titien par jalousie. Cette anecdote n'est pas confirmée.
Des retables aux portraits
La première salle présente le retable du Miracle de saint Augustin, peint en 1549-1550 et prêté par les Musei Civici de Vicence. Le Miracle de l'esclave, conservé à la Galleria dell'Accademia de Venise, n'a pas fait le voyage : il est trop grand pour les salles du musée. Le parcours aborde ensuite plusieurs thèmes. La Suzanne et les vieillards du Kunsthistorisches Museum de Vienne, vers 1555-1556, figure dans la partie consacrée à l'ironie dans son œuvre. Une Sainte Catherine d'Alexandrie et un ange, vers 1570, venue d'une collection particulière, a appartenu à David Bowie.
Une autre section traite de l'atelier. Tintoret gagnait notamment sa vie comme portraitiste. Sa fille Marietta et son fils Domenico ont travaillé avec lui. Selon l'historien de l'art Michel Hochmann, le peintre a délégué de plus en plus l'exécution à ses assistants à la fin de sa vie. L'Autoportrait de vers 1588 est prêté par le Louvre. Des dessins réalisés d'après des moulages des statues du Jour et du Crépuscule, au tombeau des Médicis, sont aussi exposés. Une inscription relevée dans son atelier associait « le dessin de Michel-Ange et le coloris du Titien ».
Postérité au XIXe siècle
L'avant-dernière salle montre le fragment supérieur du retable de la Sainte Trinité. La dernière est consacrée à la réception du peintre au XIXe siècle. On y voit un portrait de Titien par Léon Cogniet, un portrait de Tintoret par Édouard Manet, ainsi que des œuvres d'Eugène Delacroix et de Paul Cézanne. Le catalogue comprend notamment un texte de Francesca Alberti sur l'ironie à la Renaissance.