Steve McQueen fait entendre « Wild is the Wind » au Guggenheim Bilbao

Le musée Guggenheim de Bilbao, au Pays basque espagnol, présente « Steve McQueen, 66–76–26 » jusqu'au 21 février 2027. L'exposition est placée sous le commissariat de Lekha Hileman. Elle ne montre presque rien à voir : l'œuvre repose entièrement sur le son. La salle est plongée dans l'obscurité. Seul un plafond de petites lumières, qui évoque un ciel étoilé, l'éclaire.

Deux voix pour une chanson

L'installation fait entendre une version a cappella de « Wild is the Wind ». Deux enregistrements sont diffusés depuis deux sources placées face à face. Le premier est celui de Nina Simone, enregistré en 1966, en pleine période du mouvement des droits civiques aux États-Unis. Le second est celui de David Bowie, paru en 1976 sur l'album Station to Station. La chanson avait été créée en 1957 par Johnny Mathis. Bowie avait rencontré Nina Simone en 1975, lors d'un de ses concerts.

Le titre de l'exposition renvoie à ces dates : 1966, 1976 et 2026. Steve McQueen a entendu la version de Bowie en 1976, puis celle de Nina Simone. L'idée de l'œuvre a germé il y a une trentaine d'années. L'artiste décrit l'effet de cette première écoute ainsi : « Cela a, en quelque sorte, transpercé mon armure. » Il rapporte aussi une phrase de Quincy Jones : « La musique noire américaine, même la plus belle chanson d'amour, est ancrée dans la souffrance. »

Le son comme matériau

« Quand on entre dans un musée, on s'attend à utiliser ses yeux », souligne Steve McQueen à propos de ce dispositif. Le réalisateur de Twelve Years a Slave, oscarisé en 2013, avait déjà travaillé avec le son dans Bass, une installation de 2024. Elle a été présentée à la Dia Beacon, près de New York, puis au Schaulager de Bâle. Le Guggenheim Bilbao, conçu par Frank Gehry, accueille cette nouvelle pièce dans une seule salle.