Le London Museum, ancien Museum of London, prépare la première phase de sa réouverture à Smithfield, sur le site de l'ancien marché de la viande. Pour l'architecte Asif Khan, c'est un retour : il avait relevé ces lieux comme étudiant.
Douze « maisons » plutôt que quarante-huit boutiques
Sur le site, Khan a proposé de transformer 48 anciennes boutiques en douze « maisons ». L'idée a été bien accueillie. Six reviendraient à l'institution, six seraient confiées à des projets extérieurs, dans un ensemble que le musée choisirait lui-même. Le but : en faire un incubateur.
Alec Shaw, directeur du nouveau projet de musée et de son patrimoine immobilier, décrit le chantier : « Nous avons constamment fait de la chirurgie à cœur ouvert dans différentes parties du bâtiment pour essayer de les adapter et de les rendre plus accueillantes. »
Un parcours né de petites commandes
Khan a ouvert son agence en 2007. Un café de plage à Littlehampton, puis le Coca-Cola Beatbox Pavilion des Jeux olympiques de Londres, l'ont fait connaître. En 2014, son studio était le seul britannique parmi les finalistes du musée Guggenheim d'Helsinki. Il a reçu une MBE en 2017.
Parmi ses projets récents : une passerelle rouge sinueuse sur le bassin de Canada Water, six kilomètres d'espace public pour l'Expo 2020 de Dubaï, et un ancien cinéma soviétique d'Almaty, au Kazakhstan, devenu le centre Tselinny pour la culture contemporaine. À Londres, on lui doit aussi l'exposition « Cartier » du V&A en 2025, et il partage avec Allies and Morrison la conduite architecturale de la rénovation du Barbican, qui se poursuit.
Qui a dessiné quoi
Le chantier est collectif. Stanton Williams en a pris la direction et s'est occupé du marché de la volaille, des galeries en sous-sol et de la rue couverte qui relie les deux marchés. Khan a surtout traité le marché général : intérieurs et extérieur au-dessus du sol, espaces publics du rez-de-chaussée, étages, entrées. Il y a travaillé de près avec les spécialistes de la conservation de Julian Harrap Architects.
Cette partie ouvre la première, dans un lancement échelonné. Le marché de la volaille suivra. Khan s'était fixé en 2012 un objectif personnel : réaliser une grande institution culturelle dans les dix ans.
Un lieu qui doit pouvoir changer
Pour Khan, le changement est inscrit dans l'architecture du lieu. À propos du musée, il dit : « Il peut toujours rester un projet inachevé. »
Source : Wallpaper*