Fred Forest, figure de l'art multimédia, est mort mercredi 4 novembre, à 93 ans. Il en a lui-même fait l'annonce, dans un message transmis à l'AFP par son fils.
Un faire-part signé de sa main
« J'ai, grâce à la complicité affectueuse de mon fils Adrien, le plaisir de vous annoncer ma propre disparition », écrit-il. Il se dit à la fois très admiré, méprisé par certains et ignoré par le plus grand nombre.
Il évoque aussi son parcours. L'art, qu'il a tenté de renouveler chaque jour, a donné selon lui plein sens à sa vie. Ce jeu très sérieux, dit-il, lui aurait appris que l'argent n'est pas nécessaire pour réaliser ses rêves les plus fous.
Le texte garde sa facétie jusqu'au bout. Il s'imagine allongé dans un trou creusé dans la terre à Anserville, avec tout son temps pour réfléchir à ce qu'il fera le lendemain.
De la vidéo au net art
Fred Forest est né le 6 juillet 1933 à Mascara, en Algérie. Il a d'abord été contrôleur des postes et télécommunications, puis est devenu artiste. Il s'est servi de la vidéo dès 1967. Sa pratique a ensuite touché les médias, le net art et la réalité virtuelle.
Le Centre Pompidou, qui lui avait consacré deux rétrospectives, dont l'une en 2017, lui a rendu hommage jeudi 5 novembre. L'institution salue la mémoire d'un pionnier de la vidéo, de l'art sociologique et du net art.
Provocations, du papier blanc au NFT
Toute sa carrière, il a multiplié les provocations artistiques. En janvier 1972, il a publié dans Le Monde, sous un article intitulé « Communiquer », un rectangle blanc : l'œuvre s'appelait « 150 cm2 de papier journal ».
En 1976, invité à la télévision belge, il a persuadé les téléspectateurs qu'il pouvait les voir depuis le studio. Il voulait ainsi les inciter à ne plus rester passifs devant l'écran.
En 2021, il avait mis en vente un NFT, « NFT-Archeology », pour « 69,3 millions + 1 dollar ». Il disait vouloir battre le record de l'époque. Pour lui, c'était un jeu qui avait du sens dans le milieu de l'art, avait-il expliqué à l'AFP.
Source : franceinfo