New York : la Proposition 3 inquiète les défenseurs du patrimoine

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Les électeurs new-yorkais ont approuvé lors des élections de mi-mandat cinq modifications de la Charte de la ville. L'une d'elles, la Proposition 3, suscite pourtant des réserves chez les défenseurs du patrimoine et de l'espace public.

Cinq mesures, un seul objectif affiché

Les cinq textes viennent de la Commission sur l'efficacité du gouvernement, un groupe de 15 membres réuni par le maire Zohran Mamdani. Tous visent à simplifier le fonctionnement de la ville : moins de paperasse pour les prestataires, mise en réserve d'un fonds pour les coups durs, et d'autres ajustements de la Charte. Ils ont recueilli un large soutien dans les urnes.

La Municipal Art Society (MAS) de New York et la New York Landmarks Conservancy contestent toutefois certains points de la Proposition 3. Avec d'autres organisations, comme la League of Women Voters, elles acceptent à des degrés divers ses trois volets, mais voulaient qu'ils soient examinés séparément.

Une procédure accélérée pour les ventes

La mesure accélère l'examen de projets dans trois domaines : les travaux de sécurité routière, la vente ou la location de biens appartenant à la ville, et l'achat de bureaux pour les agents municipaux.

Jusqu'ici, la plupart des ventes ou locations de biens publics passaient par une procédure de sept mois, l'ULURP, et exigeaient le vote final du Conseil municipal. Les projets jugés sans effet notable sur leur environnement pourront désormais emprunter une voie de 90 jours, l'ELURP, sans ce vote. Les conseils de quartier et les présidents d'arrondissement les examinent en parallèle.

Un bien municipal classé peut alors être vendu sans l'aval du Conseil. Un terrain inconstructible peut être cédé aux propriétaires voisins sans vente aux enchères.

Moins de consultation en amont

Le texte dispense aussi le département des Transports de prévenir élus et conseils de quartier avant un grand chantier jugé nécessaire à la sécurité. Ils seront informés au démarrage des travaux. Les avis de la police, des pompiers, du bureau municipal des personnes handicapées et du service des petites entreprises restent obligatoires.

Dernier volet : l'acquisition ou la location de bureaux pour les employés de la ville ne passe plus devant le Conseil municipal ni la commission d'urbanisme. La décision revient à la seule commissaire aux services administratifs, Yume Kitasei. Les conseils de quartier et les cinq présidents d'arrondissement doivent encore être avertis.

Ce que disent les associations

Andrea Goldwyn, directrice des politiques publiques de la Landmarks Conservancy, s'inquiète surtout du deuxième volet, qui réduit l'examen public lors de la vente de droits de construction inutilisés sur des sites classés. Elle explique avoir déjà reçu des appels d'habitants découvrant des chantiers qu'ils ne connaissaient pas.

La MAS estime que ces simplifications pourraient faciliter la vente de terrains publics sans garde-fous suffisants. Elle réclame un cadre plus strict, qui donnerait la priorité aux parcs, au logement abordable et aux projets d'intérêt public plutôt qu'à des acquéreurs aux intentions floues.

Notre regard

La question tient à l'équilibre entre rapidité et débat public. Les promoteurs de la réforme parlent d'efficacité. Les deux associations, elles, craignent que des sites protégés soient cédés sans discussion suffisante.

Les premières ventes passées par la voie accélérée diront si ces craintes se vérifient.

Source : Hyperallergic

Paru avec l'aide de nos soutiens