Nicolas Flamel, du Parisien réel à l'alchimiste, au musée de Cluny

Le musée de Cluny – musée national du Moyen Âge, à Paris, présente « Nicolas Flamel, alchimiste de papier » du 13 octobre 2026 au 24 janvier 2027. L'exposition réunit une cinquantaine de manuscrits, documents d'archives, objets et dispositifs multimédias. La Bibliothèque nationale de France, les Archives nationales et l'hôpital des Quinze-Vingts y ont contribué. La commissaire est Maëlys Bitouzet.

Un écrivain public et un propriétaire

La pièce centrale est le testament de Nicolas Flamel, daté du 22 novembre 1416. Il est montré au public pour la première fois. Le document est conservé aux Archives nationales et dans les fonds de l'hôpital des Quinze-Vingts, fondé au XIIIe siècle. Flamel a vécu à Paris de 1330 ou 1340 environ jusqu'en 1418. Il était écrivain public et investissait dans l'immobilier. Selon les recherches présentées, il était le créancier de centaines de propriétaires et possédait lui-même une dizaine de maisons. « Il avait un véritable empire immobilier », a résumé Maëlys Bitouzet auprès de la BBC.

Flamel était marié à Pernelle, morte avant lui. Le couple a donné une grande partie de sa fortune à des églises, à des hôpitaux et aux pauvres. Des messes ont été dites pour eux pendant des siècles, jusqu'à peu avant la Révolution. Une maison bâtie en 1407 rue de Montmorency existe toujours. Elle compte parmi les plus anciennes de Paris.

Naissance d'une légende

Aucune source ne montre que le Flamel historique pratiquait l'alchimie. Sa réputation d'alchimiste apparaît à la fin du XVe siècle, cinquante à soixante-quinze ans après sa mort. Le Livre Flamel, conservé à l'université de Bologne, est le plus ancien texte alchimique qui lui soit attribué. Son auteur anonyme y décrit la transformation du plomb en or. Le Livre des figures hiéroglyphiques, publié en 1612, a prolongé la légende. Victor Hugo cite Flamel dans Notre-Dame de Paris en 1831, André Breton dans le Second Manifeste du surréalisme. Plus récemment, J. K. Rowling en fait dans Harry Potter le créateur de la pierre philosophale.

Source : Musée de Cluny — Nicolas Flamel