La Tate Modern, à Londres, présente « Hold », la nouvelle commande Hyundai du Turbine Hall, jusqu'au 11 avril 2027. Elle est signée par Tarek Atoui, artiste et compositeur libanais. Il crée des installations sonores, des instruments sur mesure et des œuvres participatives. C'est l'œuvre la plus centrée sur le son présentée dans cet espace depuis Raw Materials de Bruce Nauman, en 2004.
Cors, textiles et percussions
L'installation comprend trois cors. L'un d'eux est un karnai d'Ouzbékistan, déjà utilisé par l'artiste à la Biennale de Boukhara. D'autres pavillons ont été imprimés en 3D à partir de sucre mêlé à de la poussière de bambou. Ils ont été mis au point avec l'agence londonienne d'Arthur Mamou-Mani. Le sucre renvoie à Henry Tate, industriel du sucre et fondateur de la Tate.
Des textiles conçus avec Issey Miyake et son directeur artistique Satoshi Kondo pendent du plafond jusqu'au sol. Ils sont en papier washi et en coton, peints à la peinture au charbon. Au sol, des modules de percussion en céramique, en argile, en peau de tambour et en laiton sont équipés de micros et de logiciels conçus pour l'œuvre. Ils captent les sons de la salle, dont les voix des visiteurs. Des synthétiseurs produisent des basses à partir des textiles.
Un espace pensé comme un silo
« Je vois le Turbine Hall comme un réceptacle, un réceptacle sonore ou un espace destiné à nous emmener ailleurs », explique Tarek Atoui. Il dit que le lieu lui évoque davantage un silo ou un grand espace industriel qu'une cathédrale. Il a choisi de travailler avec l'acoustique du bâtiment et avec l'histoire des commandes précédentes. Ses tambours ressemblent, selon lui, à des lunes plutôt qu'à des soleils, en référence à l'installation d'Olafur Eliasson. Il a déjà présenté The Wind Harvesters à la Biennale de Thaïlande en 2023.