Macklemore affirme que neuf grandes salles américaines ont fermé leurs portes à sa tournée de concerts de soutien à la Palestine. Une seule, Madison Square Garden, a répondu à ce stade, en invoquant un calendrier chargé.
Une tournée de bénéfice lancée en Europe
Le rappeur avait annoncé sa tournée « Free Palestine » après avoir été retiré de la première partie d'Ed Sheeran. Les trois premiers concerts, à Dublin, Londres et Paris, étaient des concerts au profit de la Palestine, et il promettait que des dates américaines suivraient vite.
Dans un message publié sur Instagram le 6 novembre, il dit garder de ces soirées l'un de ses meilleurs souvenirs de scène. Son plan, écrit-il, était de ramener la tournée aux États-Unis. Après des semaines de démarches, il fait pourtant état de neuf refus.
Neuf arènes, des dates disparues
Dans le vocabulaire du spectacle, une « arena » est une grande salle couverte, taillée pour les concerts de masse. Macklemore en nomme neuf : Madison Square Garden, Prudential Center, Barclays Center, UBS Arena, Intuit Dome, Kia Forum, Crypto.com Arena, Chase Center et Climate Pledge Arena.
Selon son récit, ces lieux lui avaient proposé, à la mi-septembre, des dates libres jusqu'à la fin de l'année. Elles auraient disparu dès qu'ils ont su que les concerts soutenaient la Palestine. Les échanges ont varié d'une salle à l'autre, mais le résultat a été le même. « En plus de vingt ans de tournées, je n'ai jamais vécu une chose pareille », écrit-il.
La réponse du Garden
Les représentants de chaque salle ont été sollicités. Le Garden est le seul à avoir répondu avant la publication. Il affirme que ses salles figurent parmi les plus occupées du monde, avec une disponibilité très limitée, et que le chanteur n'est « pas un artiste de niveau arène ».
Un message qui dépasse les dates
Macklemore voit dans ces refus un cas parmi d'autres : selon lui, des militants, poètes, écrivains, musiciens et artistes solidaires des Palestiniens en paient le prix depuis des décennies, souvent bien plus cher que lui. Son seul regret des trois dernières années est de ne pas avoir parlé publiquement de ce qu'il a subi. À l'époque, dit-il, il ne croyait pas que son propre cas méritait de détourner l'attention de ce qui se passait en Palestine.
Il dit ne plus se soucier de ses relations, professionnelles ou personnelles, avec ceux qui ne soutiennent pas la cause. Il assure préférer renoncer à toutes les opportunités du secteur plutôt que de ménager ceux qui, selon lui, placent leurs affaires avec Israël au-dessus de la vie des Palestiniens.
Il s'en prend aussi à quelques milliardaires qui décideraient, selon lui, quelles causes sont acceptables. Il cite la victoire d'Abdul El-Sayed dans sa course au Sénat, quelques jours plus tôt, et affirme que l'AIPAC a dépensé 42 millions de dollars pour le battre. Le public, rappelle-t-il, achète les billets et remplit les salles.
Pour lui, les mots « Free Palestine » représentent une menace aux yeux de ces propriétaires : non parce qu'ils mettraient quelqu'un en danger, mais parce qu'ils remettent en cause les systèmes de pouvoir sur lesquels ils ont bâti leur fortune.
Des concerts maintenus, peut-être en plein air
Le rappeur annonce qu'il y aura d'autres concerts pour la Palestine, avec d'autres artistes et organisateurs, dans la continuité de l'Europe. Il pense qu'ils auront probablement lieu en plein air. Son engagement à lever des fonds en faveur des Palestiniens reste inchangé.
Source : Pitchfork