Pas de gala de clôture à Valladolid, mais un palmarès publié samedi matin. Le grand prix de la 71e Seminci, l'Épi d'or, va à « Dao » du réalisateur franco-sénégalais Alain Gomis.
Une édition sans cérémonie
Les organisateurs ont annulé le gala de clôture après un accident de train meurtrier dans la province de Tolède. Le festival, du 23 au 31 octobre, était dirigé par deux codirecteurs par intérim, Mariona Viader et Javier H. Estrada, depuis la mort de José Luis Cienfuegos en décembre dernier.
Le bilan provisoire annonce 100 000 spectateurs et plus de 120 rencontres autour des films. Plus de 90 % des réalisateurs des sections officielles ont fait le déplacement. La clôture a eu lieu avec la première espagnole de « Hombre al agua », de Gael García Bernal.
« Dao », le film primé
« Dao » dure trois heures. Il part d'un mariage en France pour arriver à une cérémonie de mémoire ancestrale en Guinée-Bissau. Fiction et documentaire s'y mêlent, avec des acteurs professionnels et non professionnels. Les liens familiaux, la migration et l'attrait des traditions héritées en sont les thèmes.
Le jury international a salué la forme du film. Rythme, durée et mouvement créent selon lui une atmosphère intime et pourtant immersive.
Le film a connu sa première mondiale en compétition à Berlin. Pour Alain Gomis, c'est un retour à la fiction après « Félicité », Grand Prix du jury de la Berlinale en 2017. Party Film Sales s'occupe des ventes internationales, Janus Films des droits nord-américains.
Réalisation, jeu d'acteur, écriture
Le prix Ribera del Duero de la meilleure réalisation revient à l'Argentin Lisandro Alonso pour « Double Freedom ». Ce film fait suite à « Freedom », son premier long métrage, sorti en 2001.
Alba Rohrwacher est distinguée pour « A Good Little Soldier » de Stéphane Brizé, où elle incarne une cadre d'entreprise prise dans un système de profit à tout prix. Swann Arlaud l'est pour « A Man of His Time » d'Emmanuel Marre, sur un ingénieur français attiré par le régime de Vichy. Olivier Boonjing reçoit pour ce film le prix d'image.
Le prix de scénario Miguel Delibes va à l'Autrichienne Sandra Wollner pour « Everytime », un drame sur le deuil et la mémoire à travers la technologie numérique. « Aquí » de Tiago Guedes a reçu une mention spéciale du jury de la compétition officielle.
« La Gradiva », deux prix de plus
Le premier long métrage de Marine Atlan reçoit l'Épi d'argent. Il avait remporté le Grand Prix de la Semaine de la critique à Cannes, puis le prix Bright Horizons du festival de Melbourne en août.
À Valladolid, il ajoute le prix de montage José Salcedo, pour Guillaume Lillo, et l'Épi arc-en-ciel, qui récompense le cinéma lié aux thèmes LGBTQ. L'intrigue suit des adolescents français en voyage scolaire à Naples et à Pompéi, face au désir, à l'insécurité et aux derniers instants de l'adolescence.
Le public et les autres sections
« Salen las lobas », film espagnol de Claudia Estrada Tarascó, rafle deux prix du public : celui de Meeting Point et celui de la jeunesse de la Seminci. Des filles d'un centre de justice pour mineurs se rapprochent grâce à la musique et rêvent d'un concours de trap à Barcelone. Le film sort en salles en Espagne le 11 décembre.
« Rose » de Markus Schleinzer gagne le prix du public de la compétition principale. Isabelle Stever reçoit le prix FIPRESCI de la critique pour « I Rarely Wake Up Dreaming ».
Le prix Meeting Point va au Thaïlandais Sompot Chidgasornpongse pour « 9 Temples to Heaven », un drame de pèlerinage familial passé par la Quinzaine des cinéastes à Cannes. Dans la section Alchimies, « Promised Spaces » d'Ivan Marković, sur les paysages urbains transformés du Cambodge, obtient le grand prix. « Benigno » de David Baute, sur un vieil homme des Canaries qui préserve un mode de vie en voie de disparition, reçoit une mention spéciale et l'Épi vert, prix à thème environnemental.
Enfin, « Alea Jacarandas » de Hassen Ferhani remporte le grand prix Temps de l'histoire.
Notre regard
Les films primés arrivent de Berlin, de Cannes et de Melbourne, et un film espagnol se distingue grâce au public. La suite se jouera chez les distributeurs : parmi les titres cités, seule la sortie espagnole de « Salen las lobas » est datée. Pour « Dao », on ignore encore quand le film arrivera en salles.
Source : Variety