Plus d'un demi-siècle après sa mort, l'écrivain guatémaltèque Miguel Angel Asturias rentrera dans son pays. Ses cendres, conservées à Paris, seront honorées lors de funérailles nationales le 15 novembre.
Un retour fixé au 12 novembre
La famille de l'auteur l'a annoncé à l'AFP. Asturias est mort le 9 juin 1974 à Madrid, à 74 ans, d'un cancer. Il a ensuite été inhumé à Paris, au cimetière du Père-Lachaise.
Ses cendres arriveront au Guatemala le 12 novembre. La France et le Guatemala préparent des funérailles d'État. Un monument doit l'accueillir dans le grand centre culturel national, qui porte son nom.
Pourquoi maintenant
La décision date de l'arrivée au pouvoir du président social-démocrate Bernardo Arévalo, en 2024. Son fils, Miguel Angel Asturias Amado, a expliqué à l'AFP que les manifestations contre les manœuvres visant à empêcher Arévalo de prendre ses fonctions avaient convaincu la famille. Elles montraient, selon lui, une « unité » qui réunissait les conditions du transfert.
Le fils, ingénieur électromécanicien de 85 ans, vit en Argentine. Il a quitté le Guatemala adolescent. Il voit dans ce rapatriement « un acte de justice » envers un « écrivain universel ». Il rappelle aussi que son père était « engagé » face aux problèmes sociaux et politiques du pays.
La famille et le président Arévalo avaient déjà annoncé ensemble ce projet il y a plus de deux ans.
Un auteur contraint à l'exil
Né le 19 octobre 1899 à Guatemala, Asturias a été avocat, romancier, diplomate et journaliste. En 1937, il a fondé le premier journal radiophonique du pays.
En 1954, une invasion armée financée par les États-Unis met fin à une décennie de réformes démocratiques. L'écrivain perd sa nationalité, ses livres sont interdits et il part en exil. Il rentre brièvement en 1959, mais selon son fils, il ne devait « plus jamais revenir ». En 1966, un nouveau gouvernement lui rend ses droits et le nomme ambassadeur à Paris.
Parmi ses œuvres, on retient Légendes du Guatemala (1930), son premier livre publié, qui reprend des récits d'origine maya. Monsieur le Président (1946) s'inspire de la dictature de Manuel Estrada Cabrera, de 1898 à 1920. Hommes de maïs (1949) est considéré comme le premier roman hispano-américain du courant du « réalisme magique ».
Notre regard
Ce retour peut aussi se lire comme un geste symbolique envers un auteur dont les livres ont été interdits dans son propre pays. Il reste à voir comment le programme des cérémonies sera organisé entre les deux États. Les lecteurs français pourraient y trouver l'occasion de redécouvrir son œuvre.
Source : franceinfo