Le président du Mucem, à Marseille, est de retour à son poste. Pierre-Olivier Costa reprend ses fonctions au terme d'une suspension de quatre mois, alors qu'une enquête pénale pour harcèlement a été ouverte à son sujet.
Un retour annoncé le 1er novembre
C'est dimanche 1er novembre que le dirigeant du Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée a fait connaître sa décision. « Je suis revenu dans mes fonctions depuis hier minuit », a-t-il affirmé. Le ministère de la Culture a confirmé que la période de suspension s'était achevée le 31 octobre au soir.
Il prévoit de se rendre à son bureau dès lundi pour « prendre des décisions, pour faire des délégations de signatures et faire travailler ce musée ».
La présidente par intérim, Anne-Marie Le Guével, aurait prévenu les agents de son départ. Toujours selon lui, elle l'a rétabli dans ses droits.
Quatre mois de mise en retrait
Le ministère de la Culture avait écarté le président pour apaiser les tensions et renouer le contact avec les organisations syndicales. Pierre-Olivier Costa, ancien directeur de cabinet de Brigitte Macron, dirige l'établissement depuis novembre 2022. Il est en conflit avec les syndicats depuis son arrivée.
Fin juin, les représentants du personnel avaient écrit à la ministre Catherine Pégard. Leur lettre décrivait un climat délétère, une multitude de dysfonctionnements et des faits inacceptables, imputés selon eux uniquement à des agissements inappropriés de la direction.
Durant la suspension, Pierre-Olivier Costa assure que les échanges avec son ministère de tutelle ont été quasi inexistants.
Deux procédures, pas d'audition à ce jour selon lui
Deux démarches visent le Mucem. L'Igac a mené une enquête sur des faits de mal-être au sein du musée. Au même moment, une enquête pénale pour harcèlement moral et sexuel a été ouverte, à la suite d'un signalement du ministère de la Culture au titre de l'article 40 du code de procédure pénale. L'issue de ces deux procédures n'est pas précisée.
Le président affirme ne toujours pas avoir été entendu dans le dossier pénal. Il tire une conclusion de la fin de la suspension : en laissant passer le délai, dit-il, le ministère montre qu'il n'a pas grand-chose, voire rien, à lui reprocher. C'est son interprétation.
Un mandat qui court encore deux ans
Il reste deux ans de mandat à Pierre-Olivier Costa. Il compte aller jusqu'au bout et revendique un bilan qu'il juge très bon.
Une assemblée générale des salariés doit avoir lieu lundi, a-t-il précisé.
Notre regard
Ce retour se fait dans un musée où la direction et les syndicats sont en conflit depuis 2022. L'assemblée générale de lundi dira comment les équipes accueillent ce retour, après des mois où les syndicats dénonçaient la direction. Du côté judiciaire, l'enquête pénale reste à suivre, en particulier la question d'une éventuelle audition du président.
Source : Head Topics