Une momie de Glasgow pourrait retourner en Égypte

Une demande de rapatriement vise la momie du prêtre Nekht, que le musée Kelvingrove de Glasgow a retirée de l'exposition pour des raisons éthiques. Le retrait a suivi la révision d'un code de déontologie des musées.

Une requête venue d'Égypte

Le journal Sunday Post rapporte que des « autorités égyptiennes » ont demandé le retour de la dépouille momifiée de Nekht. Glasgow Life, l'organisme qui gère le musée, confirme avoir reçu une demande d'envoi des restes en Égypte.

Un porte-parole résume : « Nous avons reçu ces derniers jours une demande de rapatriement des restes de Nekht vers l'Égypte. » L'organisme ne peut pas confirmer l'origine exacte de la requête. Il précise toutefois disposer d'une procédure « bien établie » pour traiter ce type de demande.

Le Grand Egyptian Museum, près des pyramides de Gizeh, a été contacté pour commentaire.

Pourquoi la momie a quitté les vitrines

Glasgow Life a décidé de retirer le cercueil peint qui contient les restes de Nekht. Motif avancé : l'absence de consentement de la personne défunte ou de ses descendants.

Cette décision suit la révision, en juin, du code de déontologie du Conseil international des musées (Icom). Le texte recommande de respecter la « dignité inhérente » des restes humains. Il ajoute que les décisions concernant ces collections devraient être prises avec les descendants ou les communautés d'origine, lorsqu'on les connaît.

Nekht, un prêtre de Moyenne-Égypte

Nekht aurait vécu à une date comprise entre 1985 et 1797 avant notre ère. Ses restes ont été exhumés à Beni Hasan, en Moyenne-Égypte, lors de fouilles menées au début du XXe siècle. Ils ont été donnés à la ville de Glasgow en 1923.

Le Hunterian a choisi une autre voie

Dans la même ville, le Hunterian Museum a recouvert le corps de Lady Shep-En-Hor d'un textile conçu pour le soustraire au regard des visiteurs. Son sarcophage, exposé presque sans interruption depuis 1820, reste visible. Le musée le présente comme une belle œuvre d'art funéraire égyptien de la période tardive.

Lady Shep-En-Hor n'a jamais été sortie de son cercueil. Elle a en revanche été radiographiée et passée au scanner au cours des cinquante dernières années.

Kelvingrove et le Hunterian expliquent que leurs choix découlent d'un réexamen de leur devoir de soin envers les défunts. Les deux musées avaient déjà indiqué qu'ils envisageraient un rapatriement si un pays ou une institution les sollicitait.

Un contexte de demandes répétées

Les appels et les pétitions en ligne en faveur du retour d'objets égyptiens se sont multipliés depuis l'ouverture du Grand Egyptian Museum. Cet établissement de 120 acres est décrit comme le plus grand musée archéologique du monde. Il abrite plus de 100 000 objets, dont tout le contenu de la tombe intacte de Toutânkhamon.

Notre regard

Pour l'instant, l'origine de la demande n'est pas confirmée. La réponse du Grand Egyptian Museum, sollicité, pourrait préciser qui est derrière la démarche. Les deux musées voisins ont retenu deux traitements différents : l'un a retiré le cercueil, l'autre a voilé le corps et gardé le sarcophage visible.

Source : BBC News

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