« The Last Hamlet » : Ben Duke retourne Shakespeare

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Hamlet cherche à louer une voiture. Il a raté l'enterrement de son père, parti en retraite silencieuse. C'est le point de départ de « The Last Hamlet », nouveau spectacle de Ben Duke, à l'affiche de Sadler's Wells East, à Londres.

Ophélie, un duo, une voix

Duke n'est pas seul avec ses peluches. Les danseurs Miguel Altunaga et Hannah Shepherd jouent divers rôles. Shepherd, jugée excellente par le Guardian, campe une Ophélie directe qui coupe court au narcissisme de Hamlet : « Ton père est mort. Ça arrive à tout le monde. »

Reste à savoir si Hamlet est enfermé dans le sentiment d'être spécial ou écrasé par un deuil légitime. La danse et la musique creusent ce terrain émotionnel. Un duo entre Hamlet et Ophélie laisse planer le doute sur leurs sentiments : dédain, tendresse, colère. La chanteuse et auteure-compositrice Anna B Savage apparaît aux moments clés, avec une voix douce et presque irréelle.

Un Hamlet qui doute

Selon la critique du Guardian, Duke sait à la fois incarner ses personnages et les mettre à distance. Son Hamlet est pathétique autant que sympathique, avec un passé imaginé pour combler les blancs de la pièce.

Duke lui-même, à l'image de son personnage célèbre pour son incertitude, n'est pas tout à fait sûr de ce qu'il pense de tout cela. Le spectacle se débat avec la difficulté de savoir ce qui est juste.

La pièce passe en revue la procrastination, la misogynie, la masculinité, les liens familiaux, la responsabilité et le deuil. Les blagues ne cessent pas, mais certaines touchent juste. Ce Hamlet part par exemple travailler pour une organisation humanitaire, et passe son temps à monologuer au lieu de sauver des vies, tandis que le monde brûle.

Un moratoire pour point de départ

Certains jugent qu'il y a déjà eu trop de Hamlet. Le spectacle s'ouvre sur une interview de la metteuse en scène Katie Mitchell à Radio 4, cette année. Elle y demandait un moratoire, lassée de « pièces sur des hommes déprimés, en colère et misogynes ».

Le double de Duke sur scène n'en monte pas moins un Hamlet de plus. Faute de budget, il remplace les autres comédiens par des peluches : une oie géante pour Gertrude, un serpent pour Claudius, tirés d'un carton.

Un habitué des textes retournés

Duke, cofondateur de la compagnie Lost Dog, a déjà revisité de la sorte Paradis perdu, Roméo et Juliette et le mythe de Médée. Sa manière : retourner les textes anciens, les arroser de références contemporaines, de virages surréalistes et de bons mots.

Source : the Guardian

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